Article traduit du numéro de septembre/octobre 1988 du Bethel Ministries
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La Traduction du monde nouveau et ses critiques

par Ian Croft

Le périodique Réveillez-vous ! daté du 22 mars 1987 contient un article écrit par Nicholas Kip, professeur de grec depuis les années 1960, et qui est devenu Témoin de Jéhovah au moins en partie — semble-t-il — parce qu’il a trouvé que la Traduction du monde nouveau concordait avec plusieurs de ses idées sur le Nouveau Testament grec. Nicholas Kip fait partie de ce que l’on peut décrire comme " la nouvelle vague des apologistes des Témoins de Jéhovah ", un plus grand nombre de Témoins devenant plus compétents dans le domaine des langues bibliques et mieux à mêmes de débattre de leurs croyances d’une manière scientifique. Voici comment M. Kip parle de la Traduction du monde nouveau :

" Comme je n’avais pas appris le grec auprès d’un théologien enseignant le grec biblique, j’étais probablement plus objectif. Je pouvais examiner le texte sans préjugé, libre des notions doctrinales traditionnelles. […] Par contre, la Kingdom Interlinear Translation témoigne d’une grande érudition. […] À mon avis, il s’agit de l’un des précieux ouvrages de la Société Watch Tower, et il n’est pas toujours estimé à sa juste valeur. "

À la fin de l’article de M. Kip se trouvent des commentaires faits par des " hellénistes " sur Les Écritures grecques chrétiennes — Traduction du monde nouveau. (The Kingdom Interlinear Translation [" La traduction interlinéaire du royaume "] est une version interlinéaire de la Traduction du monde nouveau.)

Nous examinerons séparément chacun de ces commentaires :

1. Edgar Goodspeed, traducteur du Nouveau Testament pour An American Translation (dans une lettre datée du 8 décembre 1950 qui aurait été envoyée au siège mondial de la Société Watchtower) :

" Je m’intéresse à votre œuvre missionnaire et à sa portée mondiale, et cette traduction franche et vigoureuse m’a beaucoup plu. Je peux témoigner qu’elle reflète sous bien des rapports une érudition très sérieuse. "

Bill Cetnar, qui travaillait au Béthel (siège de la Société Watchtower à New York) à l’époque où la Traduction du monde nouveau (1ère édition anglaise en 6 volumes) était préparée, fut envoyé en mars 1954 pour obtenir une entrevue avec le Dr. Goodspeed afin de recueillir quelques commentaires sur le premier volume de la New World Translation of the Hebrew Scriptures (" Les Écritures hébraïques — Traduction du monde nouveau "). Cetnar écrit ceci :

Tout au long de notre visite de deux heures, il était évident qu’il connaissait bien le volume car il pouvait citer les pages où se trouvaient les leçons qu’il désapprouvait. L’une des leçons qu’il considérait comme particulièrement maladroite et grammaticalement pauvre se trouvait en Juges 14:3, où on fait dire à Samson : ‘ Prends-la-moi […] ’. En partant, je demandais au Dr. Goodspeed s’il pouvait recommander la traduction au grand public. Il répondit : " Non, j’ai peur de ne pas pouvoir le faire. La grammaire est regrettable. Faites attention à la grammaire. Soyez sûrs que vous ayez ce droit. " (C’est nous qui soulignons.)

Bien sûr, le Dr. Goodspeed ne parlait pas ici des Écritures grecques (Nouveau Testament), mais des Écritures hébraïques (Ancien Testament), tandis que son commentaire favorable de 1950 concernait les Écritures grecques. On peut cependant noter avec intérêt que les commentaires du Dr. Goodspeed datent de 1950, mais qu’on ne les trouve dans aucune ancienne publication de la Société Watch Tower. Ils n’apparaissent pas, par exemple, dans l’article sur ce sujet dans le livre de la Société Watch Tower, " Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile ", publié en anglais en 1963 et en français en 1967.

2. Alexander Thomson, décrit comme " helléniste et hébraïsant ", écrivant dans The Differentiator d’avril 1952, pp. 52-57 :

" Cette traduction est de toute évidence l’œuvre d’hellénistes compétents, qui ont cherché à rendre le sens véritable du texte grec en utilisant toutes les ressources de la langue anglaise. "

Tandis que les commentaires de Goodspeed brillent par leur absence dans l’article du livre " Toute Écriture […] ", on peut remarquer que Thomson est le seul bibliste dont les commentaires se trouvent dans ce chapitre. En l’occurrence, pourtant, il parle du même volume que celui qui attira des commentaires défavorables de la part du Dr. Goodspeed. À la lumière des commentaires précédents, ceux de Thomson sont à la fois intéressants et révélateurs :

" Dans la langue anglaise, les traductions originales des Écritures hébraïques sont extrêmement rares. Nous accueillons avec d’autant plus de plaisir la première partie de la Traduction du monde nouveau [des Écritures hébraïques], de la Genèse à Ruth. Manifestement, on a fourni un effort particulier pour que cette version puisse se lire couramment. Nul ne saurait prétendre qu’elle n’est pas nouvelle par son originalité. Sa terminologie ne se fonde en rien sur les versions qui l’ont précédée. "

Dans un sens technique, le commentaire de Thomson pourrait permettre de qualifier la traduction de " fraude pseudo-historique ". Les textes grecs qui sont à la base de toutes les traductions faites par des gens compétents entrent dans la catégorie des " versions qui l’ont précédée ". Pour être juste avec Thomson, cependant, nous sommes certains qu’il voulait parler des versions anglaises précédentes. Voici ce qu’il déclara dans un autre numéro de cette revue (juin 1959) :

" Bien que j’aie, brièvement et par trois fois, donné dans The Differentiator mon opinion sur certaines portions de la version de la Bible du monde nouveau, il ne faut pas en conclure que je suis d’accord avec les enseignements des ‘ Témoins de Jéhovah ’. Dans l’ensemble, la version était assez bonne, même si elle était farcie de nombreux mots anglais sans équivalents en grec ou en hébreu. "

Thomson était coéditeur de la revue The Differentiator, qui n’est plus publiée aujourd’hui mais qui paraissait tous les deux mois et avait une diffusion limitée. Selon l’autre coéditeur, Thomson " n’avait même pas étudié formellement le grec ou l’hébreu dans une école ". Il n’était ni hébraïsant ni helléniste, contrairement aux assertions des Témoins de Jéhovah. " Thomson était employé de banque en Écosse, et il ne croyait pas que Jésus était Dieu. " Il était Restitutioniste Universel, c’est-à-dire qu’il croyait que tous les hommes pouvaient être sauvés, qu’ils croient en Dieu ou non, et qu’ils se sentent engagés envers lui ou non. Sachant cela, nous pouvons noter deux choses :

a) Apparemment, les commentaires de Thomson étaient basés sur le texte anglais de la Traduction du monde nouveau, s’il n’était pas compétent pour commenter le travail de traduction lui-même.

b) L’opinion d’un enseignant professionnel doublé d’un bibliste ne vaudrait-elle pas mieux, pour ce qui est de la qualité grammaticale d’une traduction de la Bible, que celle d’un employé de banque qui n’était pas linguiste ?

3. Robert McCoy, écrivant dans la revue Andover Newton Quarterly de janvier 1963 :

" La traduction du Nouveau Testament prouve que le mouvement compte des hellénistes capables de surmonter intelligemment les multiples problèmes que pose la traduction de la Bible. "

Voici le paragraphe complet d’où est tirée cette citation :

" La traduction du Nouveau Testament prouve que le mouvement compte des hellénistes capables de surmonter intelligemment les multiples problèmes que pose la traduction de la Bible. Cette traduction, comme le fait observer J. Carter, a ses points négatifs et ses points positifs. Quoi qu’il en soit, il semble qu’une remise en question du défi lancé par ce mouvement aux églises historiques soit à l’ordre du jour. " L’examen que fait McCoy de la traduction, et en réalité des Témoins de Jéhovah, est assez favorable ; il ne les approuve cependant pas tout-à-fait. Il critique la traduction sur plusieurs points :

a) Au sujet de Matthieu 5:9, il dit : " On peut se demander pourquoi les traducteurs ne sont pas restés plus proches du sens original, comme l’ont fait la plupart des autres traducteurs. " (C’est nous qui soulignons.)

b) Au sujet de la déclaration selon laquelle les traducteurs ont cherché à se libérer de " l’influence des traditions religieuses qui plongent leurs racines dans le paganisme ", à savoir qu’ils cherchèrent à se démarquer des partis pris doctrinaux qu’ils croyaient voir dans les autres traductions, McCoy écrit : " Ce n’est pas seulement dans quelques endroits que la Traduction du monde nouveau contient des passages qui peuvent être considérés comme des ‘ traductions théologiques ’. Ceci est particulièrement évident là où le texte exprime ou implique la divinité de Jésus Christ. " Il prend comme exemple la leçon " j’ai été " en Jean 8:58, indiquant que " sur le seul terrain de la grammaire, la leçon ne peut être justifiée ", puis il montre comment le contexte n’autorise pas le point de vue " anti-divinité " que cette leçon introduit. À l’époque où il écrivit cet article, M. McCoy était diplômé du Séminaire Newton d’Andover (établissement associé à l’Église Baptiste et aux Églises unies du Christ), titulaire de la Licence ès Divinité (1955) de l’Université de Théologie de Boston, et Maître ès Théologie Sacrée du Séminaire Newton d’Andover. Il n’est pas un helléniste " reconnu ".

4. S. MacLean Gilmour, dans la revue Andover Newton Quarterly de septembre 1966.

" La traduction du Nouveau Testament a été faite par un comité dont les membres n’ont jamais révélé leur identité — et qui possèdent une connaissance remarquable du grec. "

Voici le texte complet d’où est tiré l’extrait de la citation :

" En 1950 les Témoins de Jéhovah ont publié leur Traduction du monde nouveau du Nouveau Testament, et la préparation de la traduction du monde nouveau de l’Ancien Testament est maintenant bien avancée. La traduction du Nouveau Testament a été faite par un comité dont les membres n’ont jamais révélé leur identité — et qui possèdent une connaissance remarquable du grec, et qui a fait du texte grec de Westcott et Hort le texte de base de sa traduction. Il est clair que des considérations doctrinales ont influencé plusieurs tournures de phrases, mais l’ouvrage n’est pas malsain et ne constitue pas une fraude pseudo-historique. "

On trouve les commentaires du Dr. Gilmour dans un article intitulé " Bon et mauvais usage du livre de l’Apocalypse ". Sauf à penser qu’il avait des sympathies pour la religion des Témoins de Jéhovah, la raison pour laquelle il se réfère à eux est évidente d’après la citation suivante (l’article constitue le texte d’un discours du Dr. Gilmour en 1966) :

" Plus loin dans le discours, je parlais du mauvais usage du livre de l’Apocalypse par les sectes au cours des siècles, et tout particulièrement par les Témoins de Jéhovah au cours des cent dernières années. "

Le Dr. Gilmour était Professeur de Nouveau Testament au Séminaire Newton d’Andover, éditeur de la revue Andover Newton Quarterly, et auteur d’un commentaire du livre de l’Apocalypse.

Avec tout les respect dû au Dr. Gilmour, sa déclaration au sujet de la Traduction du monde nouveau est incorrecte.

Les Témoins de Jéhovah n’ont jamais publié, ni en 1950 ni à une autre date, de livre intitulé Traduction du monde nouveau du Nouveau Testament [New World Translation of the New Testament dans l’article de Gilmour. — N.d.T.]. Ils publièrent plutôt un ouvrage intitulé Les Écritures grecques chrétiennes — Traduction du monde nouveau [New World Translation of the Christian Greek Scriptures en anglais. — N.d.T.]. Peut-être le Dr. Gilmour n’a-t-il tout simplement pas remarqué que le titre était inhabituel.

Il fait un erreur plus grave, cependant, en disant que " la préparation de la traduction du monde nouveau de l’Ancien Testament est maintenant bien avancée ". Comme nous l’avons vu, il rédigea son article en 1966. Quant aux Écritures hébraïques — Traduction du monde nouveau [New World Translation of the Hebrew Scriptures en anglais. — N.d.T.], elles furent publiées en cinq volumes entre 1953 et 1960, et étaient donc disponibles en entier quelques six années avant que le Dr. Gilmour n’écrive son article. En fait, une édition en un seul volume de toute la Bible avait été publiée en 1961. Le Dr. Gilmour aurait pu l’apprendre facilement tout simplement en se procurant une de ces Bibles, ce qui nous amène à nous demander s’il en avait vraiment déjà vu un exemplaire.

Dans son article, une note en bas de page montre que les renseignements sur la Traduction du monde nouveau provenaient de l’article de McCoy. Quant à l’article de Gilmour, il ne cite pas la Traduction du monde nouveau ni ne la mentionne dans la bibliographie. Le seul livre qu’il mentionne et qui soit en rapport avec les Témoins de Jéhovah est The Challenge of the Sects de Horton Davies, dont le Dr. Gilmour dit qu’il " se soucie beaucoup trop d’attaquer les croyances de la secte ".

Si le Dr. Gilmour n’avait jamais vu un exemplaire de la Traduction du monde nouveau, il n’est pas dans une bonne position pour porter un jugement de valeur sur cet ouvrage. L’article ne donne aucune preuve qu’il l’ait jamais lu, l’unique commentaire étant celui qui est reproduit plus haut. Ses commentaires sont fondés sur l’article d’une autre personne, et rien ne suggère que le Dr. Gilmour fasse appel à sa connaissance du grec pour appuyer ses dires.

En résumé, les commentaires du Dr. Gilmour ne valent pas la peine d’être cités pour soutenir un livre (a) qu’il n’a apparemment pas lu, (b) dont il ne peut pas donner le titre exact, et (c) dont il ne sait pas qu’il a été achevé six ans plus tôt. Le fait d’employer un tel commentaire est un signe de malhonnêteté scientifique de la part des Témoins de Jéhovah.

5. Thomas Winter, dans The Classical Journal, avril-mai 1974.

" Il ne s’agit pas d’une traduction interlinéaire ordinaire : l’intégrité du texte est préservée, et l’anglais qui apparaît entre les lignes donne simplement le sens premier de chaque mot grec. […] Après l’avoir examinée, j’en ai remis un exemplaire à plusieurs étudiants en deuxième année de grec qui désiraient s’en servir comme d’un texte auxiliaire. […] La traduction de ce comité anonyme tient tout à fait compte des connaissances les plus récentes; elle est uniformément exacte. […] En conclusion, quand un Témoin se présente à une porte, quiconque étudie les classiques, le grec ou la Bible ferait bien de l’inviter à entrer et de commander un exemplaire de cet ouvrage. "

Malheureusement, il n’y a actuellement pas de copie de l’original, et on ne peut faire aucun commentaire au sujet de cette déclaration. Elle n’est mentionnée ici que pour nous éviter d’être accusé de cacher des preuves. L’unique information au sujet de Thomas Winter est qu’il est " de l’université du Nebraska ".

Sont-ils hébraïsants et hellénistes ?

Trois des citations ci-dessus mentionnent les qualités des traducteurs.

Comme l’indique le Dr. Gilmour, le comité de traduction de la Société Watch Tower n’a jamais révélé l’identité de ses membres. Selon le livre Les Témoins de Jéhovah dans les desseins divins, " les membres de ce comité ont demandé à rester anonymes même après leur mort ". Lorsqu’on lui en demanda la raison devant un tribunal écossais, Frederick Franz (qui était alors vice-président du mouvement des Témoins de Jéhovah) répondit ceci : " Parce que le comité de traduction voulait rester anonyme et ne pas rechercher la gloire ou l’honneur attachés à la réalisation d’une traduction, ni que des noms y soient attachés. " L’avocat qui posa cette question fit alors ce commentaire : " Les écrivains et les traducteurs ne retirent pas toujours de la gloire et de l’honneur pour leurs efforts, n’est-ce-pas ? "

Tandis que l’on a dit à tort et à travers que les traducteurs voulaient rester anonymes, ceux qui travaillaient au siège mondial savaient très bien ce qui se passait, et les traducteurs ne firent rien pour rester anonymes à l’époque où ils travaillaient à cette traduction. Selon Bill Cetnar, qui était au Béthel à l’époque, les cinq membres connus du comité étaient Nathan Knorr, alors président de la Watchtower Bible and Tract Society, Frederick Franz, Albert Schroeder, George Gangas et Milton Henschel. Tous les cinq devinrent membres du Collège central des Témoins de Jéhovah. Parmi eux tous, seul Fred Franz aurait suivi des cours à l’université, et encore pendant deux ans seulement. Aucun d’eux n’était qualifié dans les langues bibliques. Bien que Franz ait, sous serment, déclaré être capable de lire l’hébreu et le grec, il fut incapable, lorsqu’on le pressa de le faire, de traduire de l’hébreu un passage dont les biblistes dirent qu’il n’aurait pas présenté de difficulté pour un étudiant en deuxième année d’hébreu.

Le fait que le comité a produit un travail assez compétent en général — mises à part l’insuffisance de quelques points grammaticaux et l’introduction de plusieurs parti pris théologiques — serait plutôt dû, non pas à la connaissance des langues originales de la part du comité, mais à des recherches de grande qualité effectuées dans les divers outils de traduction disponibles. Du fait de son prétendu anonymat, le comité ne peut révéler comment le travail a été effectué et ne peut répondre à ses nombreuses critiques. Le fait est que pour chaque citation que le comité peut trouver pour soutenir son œuvre (il pourrait, par exemple, extraire de cet article l’opinion " favorable " suivante : " […] le comité a produit un travail assez compétent en général […] [travail] dû […] à des recherches de grande qualité. "), il y en a des douzaines qui sont beaucoup moins favorables.

Les critiques s’expriment

Qu’est-ce que les critiques ont à dire au sujet des Saintes Écritures — Traduction du monde nouveau ?

Edmund Gruss, Professeur d’Histoire et d’Apologétique au Collège Baptiste de Los Angeles, critique essentiellement l’ouvrage sur cinq points :

  1. L’emploi de la paraphrase, en contradiction avec le but déclaré dans la préface.
  2. L’insertion frauduleuse de mots qui ne se trouvent pas dans le texte grec. Alexander Thomson dit la même chose dans une citation présentée plus haut.
  3. Traduction erronée de mots grecs.
  4. Notes en bas de page et appendice trompeuses et fallacieuses.
  5. Utilisation arbitraire des majuscules en ce qui concerne le nom divin.

Gruss conclut que même si Les Écritures grecques chrétiennes — Traduction du monde nouveau " semble être un ouvrage scientifique, ce livre est tout le contraire dans la plupart des cas. Son but est d’inclure les erreurs des Témoins de Jéhovah dans la Parole de Dieu. Cette traduction ne possède aucune autorité, sauf pour ses auteurs et leurs fidèles disciples, et il faut la rejeter comme une perversion de la Parole de Dieu ".

Ray Stedman (auteur connu dans le monde entier, enseignant, bibliste, pasteur et évangéliste) :

" Un examen attentif, qui nous fait voir ce qu’il y a sous le vernis d’érudition, révèle un véritable fouillis de bigoterie, de préjugés et de parti pris qui viole toutes les règles de la critique biblique et toutes les normes de l’intégrité scientifique. "

Walter Martin et Norman Klann (le Dr. Martin, maintenant décédé, était l’un des principaux chrétiens apologistes, connu dans le monde entier pour ses travaux sur les Témoins de Jéhovah et d’autres groupes.) :

" Une fois qu’il aura compris que les Témoins de Jéhovah ne sont intéressés que par ce qu’ils peuvent faire dire aux Écritures, en non par ce que le Saint Esprit a déjà clairement révélé, l’étudiant consciencieux rejettera entièrement les Témoins de Jéhovah et la traduction de la Watchtower. "

Ces auteurs disent que la Traduction du monde nouveau trahit un manque d’érudition et reflète, en fait, une malhonnêteté scolastique.

Anthony Hoekema (Le Dr. Hoekema était professeur de théologie systématique au Séminaire théologique Calvin de Grand Rapids (Michigan, U.S.A.), et est l’auteur de l’un des ouvrages de référence les plus estimés sur les Témoins de Jéhovah.) :

" Leur Traduction du monde nouveau de la Bible n’est en aucun cas une version objective du texte sacré en anglais moderne, mais elle est pleine de parti pris et beaucoup des enseignements propres à la Société Watchtower sont insérés subrepticement dans le texte biblique lui-même. "

F. F. Bruce (Le Dr. Bruce est professeur de critique biblique et professeur émérite d’exégèse à l’université de Manchester, en Angleterre. C’est un exégète biblique de renommée mondiale, auteur de sa propre traduction du Nouveau Testament ainsi que de plusieurs ouvrages sur des thèmes du Nouveau Testament. Les Témoins de Jéhovah l’ont cité à plusieurs reprises comme autorité du Nouveau Testament.) :

" Certaines de ses leçons reflètent les interprétations bibliques qui ont fini par être associées aux Témoins de Jéhovah. […] Certaines des leçons qui sont affranchies de toute tendance théologique se font remarquer par leur bonne qualité. "

Bruce Metzger, professeur de langue du Nouveau Testament et de littérature au Séminaire théologique Princeton, est l’une des meilleures autorités pour la langue grecque. Il est reconnu comme tel par les Témoins de Jéhovah, qui le citent parfois favorablement. Il écrivit un article en 1950 dans lequel il met le doigt sur les erreurs présentes dans plusieurs passages christologiques des Écritures grecques chrétiennes — Traduction du monde nouveau.

H. H. Rowley, éminent bibliste anglais, spécialiste de l’Ancien Testament, écrivit un article au sujet du premier volume (en anglais) des Écritures hébraïques — Traduction du monde nouveau. On peut comparer ce commentaire avec celui du Dr. Goodspeed, cité plus haut :

" La traduction se caractérise par un littéralisme inflexible qui ne fera qu’exaspérer le lecteur intelligent — s’il s’en trouve — et qui, plutôt que de faire preuve de respect pour la Bible, comme le professent les traducteurs, est une insulte à la Parole de Dieu. " " […] ce volume est un brillant exemple de la façon dont il ne faut pas traduire la Bible. "

Les commentaires cités ci-dessus ne sont que quelques exemples parmi de nombreux qui ont été écrits sur plusieurs années. Il y en a eu beaucoup plus sur certains détails spécifiques dans la traduction, particulièrement la leçon " et la Parole était un dieu " en Jean 1:1. La place nous manque pour les citer dans cet article.

L’érudition de la Société Watchtower n’est toujours pas prouvée

Cet article a commencé avec une référence à Nicholas Kip. La sincérité de ce dernier et sa foi dans les Témoins de Jéhovah ne sont pas remises en question, pas plus que son opinion bien arrêtée au sujet de la qualité du travail de traduction effectué pour Les Saintes Écritures — Traduction du monde nouveau. Il a le droit d’avoir son opinion.

D’autres, cependant, ont exprimé des opinions bien différentes de celle de M. Kip, et ce dernier ferait bien, en tant que bibliste, de les prendre en considération. Le soutien apporté par Réveillez-vous ! à sa position ne s’est pas révélé être aussi solide que ce que ce périodique (et certainement, de façon implicite, M. Kip lui-même) voudrait faire croire au lecteur. En réalité, le nombre des opinions défavorables à la Traduction du monde nouveau semble être de loin beaucoup plus important que celui des opinions qui lui sont favorables.

Peu de biblistes, Chrétiens ou autres, pensent qu’ils peuvent condamner la Traduction du monde nouveau sur le champ. Ce n’est pas la sincérité du comité de traduction qui leur pose problème, mais certains aspects de la grammaire ainsi que le parti pris manifeste dans cet ouvrage, et tout particulièrement dans les passages christologiques (c.-à-d. qui traitent de la personne de Christ). C’est la raison pour laquelle les commentaires relatifs à l’Ancien Testament (ou Écritures hébraïques) se limitent presque tous à la qualité de la grammaire.

Le fait est que les biblistes, tant chrétiens que non-chrétiens, ont dans l’ensemble attaqué la prétention d’érudition de la Traduction du monde nouveau, laquelle adopte une position théologique particulière et a eu de l’influence sur la vie de millions de personnes à travers le monde.

Les Témoins de Jéhovah qui se soucient de leur avenir éternel ainsi que de celui des autres, et qui désirent adorer le vrai Dieu vivant tel que le révèlent les pages de sa Parole, voudront prendre ces faits en considération et se demander pour quelle raison la Watchtower Bible and Tract Society éprouve le besoin de faire état dans ses publications de citations qui ont pour but de prouver que ses rédacteurs sont des érudits, alors qu’il a été démontré depuis longtemps que ces " preuves " ne sont pas dignes de confiance et pas aussi profitables qu’ils pouvaient l’espérer. Pourquoi la Société a-t-elle dû faire appel, pour approuver sa traduction de la Bible, à un bibliste ne l’avait pas lue, qui n’a pas pu en donner correctement le nom, et qui ne savait pas que le travail de traduction avait été achevé quelque six années avant qu’il ne fasse sa déclaration erronée ?

La réponse est simple : elle ne pouvait pas trouver de soutien plus solide.

Ceci n’est qu’un exemple parmi d’autres des nombreuses erreurs scolastiques des Témoins de Jéhovah. Si l’on peut si facilement dévoiler celle-ci, il en va de même des autres. On peut démontrer que l’organisation de la Watchtower est bâtie sur un fondement fragile qui peut s’écrouler n’importe quand. Tout montre que la foi des Témoins de Jéhovah doit être remise en question. Se pourrait-il que les biblistes qui ont fourni la grande majorité des commentaires sur la traduction soient dans le vrai, tandis que le seul (Kip), ou peut-être les deux — s’il s’avérait que Winter aille dans le sens des Témoins de Jéhovah, comme ceux-ci l’espèrent — à aller dans l’autre sens auraient tort ?