Article traduit du numéro de mars/avril 1986 du Bethel Ministries Newsletter

La croix
(grec : stauros)

par Randall Watters

Aperçu biblique général

Bien que la Bible ne décrive pas précisément l’instrument sur lequel Jésus est mort, la tradition veut qu’il ait été mis à mort sur une croix, c’est-à-dire un poteau muni d’une traverse. Le terme grec stauros désigne parfois un simple poteau et parfois une forme plus complexe, comme une croix. Pour savoir à quoi ressemblait le stauros sur lequel Jésus est mort, il faut prendre en compte ce que nous révèlent la langue grecque, l’histoire, ainsi que — ce qui est le plus important — la Bible. De plus, il faut prendre en considération ce que signifie le stauros pour les Chrétiens, et s’il doit être un sujet de honte ou de grande joie.

La langue grecque :

Voici ce que dit le New International Dictionary of New Testament Theology à propos du mot grec stauros :

" Correspondant au verbe [stauroô], qui était plus commun, stauros peut désigner un poteau, parfois taillé en pointe, sur lequel un criminel exécuté était parfois exposé à la honte comme punition supplémentaire. On pouvait s’en servir pour pendre (ainsi probablement Diod. de Sic., 2, 18, 2), empaler ou étrangler. Le stauros pouvait également être un instrument de torture, peut-être dans le sens du lat. patibulum, une traverse placée sur les épaules. Enfin, ce pouvait être un instrument d’exécution ayant la forme d’un poteau vertical avec une traverse de même longueur, formant une croix dans le sens strict du terme. Il avait la forme d’un T (lat. crux commissa) ou d’un (crux immissa). " — Vol. 1, page 391.

Le mot grec xulon signifie " bois, morceau de bois, ou tout objet fait de bois ", et peut désigner également une croix, comme le montre Vine’s Expository Dictionary, vol. 4, p. 153.

Les découvertes historiques :

Les découvertes historiques penchent en faveur de la croix traditionnelle.

On peut voir ci-dessous un graffiti datant probablement de peu de temps après 200 ap. J.-C., trouvé sur un mur sur le Mont Palatin, à Rome. Le dessin, effectué pour se moquer d’un prisonnier chrétien qui adorait Christ, représente un âne crucifié. Il ne fait pas de doute que les Romains trouvaient amusant que les Chrétiens adorent ce Jésus qu’ils avaient crucifié.

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Graffiti romain ; le texte dit :
" Alexamenos adore son Dieu ".

En juin 1968, des bulldozers creusant au nord de Jérusalem mirent accidentellement à nu des tombes datant du ier siècle av. J.-C. au ier siècle ap. J.-C. Le Département Israélien des Antiquités demanda à l’archéologue grec Vasilius Tzaferis de dégager ces tombes avec le plus grand soin. Par suite, on fit l’une des trouvailles les plus exaltantes des temps modernes : le premier squelette d’un homme crucifié. L’un des facteurs les plus significatifs est qu’il date d’à peu près la même époque que le Christ. Le squelette est celui d’un homme qui s’appelait Yehohanân fils de Shaggol, et qui avait été crucifié à un âge situé entre 24 et 28 ans. M. Tzaferis écrivit un article dans le numéro de janvier/février 1985 de la revue Biblical Archaeology Review (BAR), article dans lequel il fait les commentaires suivants sur la crucifixion à l’époque de Jésus :

" À la fin du ier siècle av. J.-C., les Romains adoptèrent la crucifixion comme punition officielle pour les non-Romains, punition limitée à certaines transgressions. Au départ, ce n’était pas une méthode d’exécution, mais seulement une punition. De plus, seuls les esclaves convaincus de certains crimes étaient punis de crucifixion. Durant cette première période, une poutre de bois, connue comme la furca ou le patibulum, était placée sur la nuque de l’esclave et liée à ses bras.

" […] Lorsque la procession arrivait sur le lieu d’exécution, un poteau vertical était planté dans le sol. Parfois la victime était simplement attachée à la croix avec des cordes. Dans ce cas, le patibulum ou barre transversale — auquel les bras de la victime étaient déjà attachés — était simplement fixé au poteau vertical ; les pieds du condamné étaient ensuite attachés au poteau par quelques tours de corde.

" Si la victime était fixée par des clous, on l’étendait sur le sol, les épaules sur la barre transversale. Ses bras étaient tendus et cloués aux deux extrémités de cette barre, qui était ensuite élevée et fixée au sommet du poteau vertical. Les pieds de la victime étaient ensuite cloués au poteau vertical.

" Afin de prolonger l’agonie, les bourreaux Romains avaient imaginé deux instruments pour garder la victime vivante sur la croix pendant une assez longue période de temps. L’un deux, le sedile, était une sorte de petit siège fixé sur le devant de la croix, à peu près à mi-hauteur. Il permettait de soutenir le corps du supplicié et peut expliquer l’expression ‘ s’asseoir sur la croix ’, utilisée par les Romains. Irénée et Justin le Martyr décrivent tous deux la croix de Jésus avec cinq extrémités au lieu de quatre. La cinquième était probablement le sedile. " (pp. 48, 49)

Dans un article ultérieur sur cette découverte archéologique, article paru dans le numéro de novembre/décembre de BAR, on lit ceci :

" Selon les source littéraires [romaines], ceux qui étaient condamnés à la crucifixion ne portaient jamais la croix entière, bien que tout le monde croie le contraire et en dépit des reconstitutions modernes du chemin de croix de Jésus. Seule la barre transversale était portée, tandis que le poteau vertical restait planté en permanence sur le lieu d’exécution, où il servait pour chaque mise à mort. Comme l’a fait remarquer Josèphe, l’historien Juif du premier siècle, le bois était si rare à Jérusalem au cours du ier siècle ap. J.-C. que les Romains furent forcés d’aller à dix milles [env. 16 km ; N.d.T.] de Jérusalem pour chercher le bois nécessaire à la fabrication de leurs engins de siège. " (p. 21)

On trouve des détails semblables dans le New International Dictionary of New Testament Theology, à l’entrée " Croix " :

" Nous sommes seulement certains que les Romains pratiquaient ce genre d’exécution. Mais il est très probable que le stauros avait une barre transversale pour former une croix. Les sources profanes ne permettent pas de tirer des conclusions quant à la forme précise de la croix, pour savoir s’il s’agissait d’une crux immissa () ou d’une crux commissa (T).

" Il y avait deux manières possibles de dresser le stauros. Le condamné pouvait être attaché à la croix posée à terre sur le lieu d’exécution, qui était ensuite dressée. D’un autre côté, il était probablement habituel de planter le poteau dans le sol avant l’exécution. La victime était attachée à la barre transversale, puis était hissé avec cette dernière et fixé au poteau vertical. Comme il s’agissait là de la manière la plus simple d’ériger la croix, et que le fait de devoir porter la barre transversale (patibulum) avait probablement un rapport avec la punition des esclaves, on peut considérer que l’exécution sur la crux commissa était la pratique normale. Ainsi, la croix ne devait pas avoir une hauteur supérieure à celle d’un homme. " (vol. 1, p. 392)

Autres découvertes archéologiques

À côté des découvertes les plus récentes, il y en a d’autres qui sont dignes d’intérêt. En voici une, impliquant une trouvaille faite en 1873 :

" En 1873, un célèbre érudit français, Charles Clermant-Ganneau, rapporta la découverte d’une chambre ou grotte mortuaire sur le Mont des Oliviers. Il y avait à l’intérieur quelque 30 ossuaires, des caisses rectangulaires en pierre dans lesquelles des restes de squelettes avaient été préservés après la décomposition des corps. […] Un [ossuaire] portait le nom ‘ Juda ’ associé à une croix aux bras d’égale longueur. De plus, le nom ‘ Jésus ’ apparaissait trois fois, dont deux en rapport avec une croix. […].

" Il est improbable que des Chrétiens Juifs aient été inhumés à cet endroit après 135 ap. J.-C., car les Romains interdisaient aux Juifs de pénétrer sur l’Aelia Capitolina […] après la seconde révolte juive. " (Ancient Times, vol. 3, no 1, juillet 1958, p. 3)

En 1939, des fouilles effectuées à Herculanum, ville sœur de Pompéi (détruites toutes deux par une éruption volcanique en 78 ap. J.-C.), permirent de trouver une maison où une croix de bois avait été clouée sur le mur d’une des pièces. Nous lisons à ce propos dans Buried History :

" Au dessous de cette croix il y avait un placard avec une marche devant. On pensait qu’il s’agissait d’un reliquaire ou d’une alcôve, mais il pouvait très bien s’agir d’un lieu de prière. […] Si cette interprétation est correcte, et les archéologues penchent fermement en faveur de la signification chrétienne du symbole et des meubles, alors nous sommes en présence d’une maison servant d’église. " (vol. 10, no 1, mars 1974, p. 15)

En 1945, une tombe familiale fut découverte par le Professeur E. L. Sukenik, du Musée des Antiquités Juives de l’Université Hébraïque. Le Prof. Sukenik est l’une des plus grandes autorités mondiales pour les ossuaires juifs. Notez ce qu’il découvrit :

" Deux des ossuaires portaient le nom ‘ Jésus ’ en grec […]. Le deuxième portait également quatre grandes croix […]. [Le Prof. Sukenik] conclut qu’il y avait un lien entre les inscriptions et les croix, qu’il s’agissait d’expressions de chagrin à la crucifixion de Jésus, qui eut lieu à peu près à la même période […]. Le Prof. Sukenik indique […] que la croix peut représenter ‘ une expression picturale de la crucifixion, l’équivalent de l’exclamation : " Il a été crucifié ! " ’ Étant donné que les poteries, les lampes et la forme des lettres utilisées pour l’inscription permettent de dater la tombe d’une période située entre le ier siècle av. J.-C. et le milieu du ier siècle ap. J.-C. au plus tard, cela veut dire que les inscriptions datent au plus tard de deux décennies après la crucifixion. " (Ancient Times, vol. 3, no 1, juillet 1958, pp. 3-5 ; voir aussi le vol. 5, no 3, mars 1961, p. 13.)

Le témoignage de la Bible à propos de la croix

On ne peut que remarquer la série d’événements rapportée en Matthieu 27:26, 31-37 ; Marc 25:24-26 ; Luc 23:26-38 et Jean 19:1-22 (au sujet de la mort de Jésus), et l’harmonie de ces récits avec la méthode de crucifixion décrite dans les articles de BAR et d’autres sources. Il apparaît que Jésus a porté la barre transversale, ou patibulum, jusqu’au Golgotha. Là, le patibulum fut fixé à un poteau droit, peut-être muni d’un siège ou d’une pièce de bois pour les pieds, et que Jésus fut cloué à cette structure dans son ensemble. Au-dessus de lui fut fixée une inscription : Jésus le Nazaréen, le roi des Juifs.

Un symbole de victoire

Tandis que les Juifs ont pu considérer la croix comme une chose honteuse, l’apôtre Paul se glorifiait de la croix du Christ. Il dit en Galates 6:14 :

" Quant à moi, certes non ! je ne me glorifierai de rien d’autre que de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde ! " (Bible à la Colombe, comme dans tout cet article)

Le mot grec traduit par " je […] me glorifierai " est une forme du verbe kaukhaomaï, qui signifie " se vanter, tirer gloire de ". Paul tirait pleinement gloire du symbole de la croix ; c’était un signe de victoire, et non de défaite. En 1 Cor. 1:17, 18, il dit que Christ l’a envoyé pour prêcher le message de la croix, et que les gens périraient ou seraient sauvés selon la façon dont ils réagiraient à ce message tout simple ! Il poursuit en disant que certains (comme les Juifs et les Témoins de Jéhovah) seraient scandalisés par la croix ou trébucheraient sur elle (parce que dans leur esprit elle aurait une signification honteuse), tandis que d’autres la considéreraient comme une folie (versets 21-23). Pour les Chrétiens, cependant, la croix signifiait la puissance et la sagesse de Dieu ! Il dit qu’il en est ainsi parce que Dieu a volontairement choisi les choses faibles, folles et méprisées du monde pour faire ressortir sa volonté, afin que ses enfants se glorifient en ce que les autres méprisent !

Paul dit aux Corinthiens qu’il avait décidé de se servir du message de la croix de Christ comme de son principal argument (1 Cor. 2:2), au point même de ne pas employer d’arguments plus compliqués ou d’idées plus recherchées. Pourquoi ? À cause de la faculté que possède Dieu d’éliminer ceux qui ont de mauvais mobiles en employant un message humble comme " carte d’invitation " ! Il ne veut pas attirer les gens au Christianisme en leur donnant des espérances matérielles ou intellectuelles. Il désire plutôt atteindre ceux qui se rendent compte à quel point le monde se trouve dans le péché, et qui apprécient le fait que Jésus est mort pour leurs péchés.

Voilà quel a été le message de l’Église au cours des siècles : Jésus est mort sur la croix pour nos péchés, mais il est vivant et vit par nous (1 Cor. 15:1-3 ; Luc 24:45-47). Ce message ne trouve d’écho que chez certaines personnes, humbles et simples la plupart du temps. — 1 Cor. 1:26-29.

Paul utilise également la croix comme symbole de la raison d’être du Christianisme, ou encore de la mort de l’ancienne nature. Il parle de la croix dans des contextes variés. Il dit par exemple que certains sont devenus " ennemis de la croix " (Phil. 3:18) et que notre ancienne nature et la Loi ont été ‘ clouées à la croix ’ (Col. 2:14). Il reprend le thème exploité par Jésus au sujet de la croix (Mat. 10:38 ; 16:24 ; Luc 9:23 ; 14:27) et parle de ‘ crucifier la chair ’ (Gal. 2:20 ; 5:24). Paul considère constamment la croix comme un symbole de victoire, et non pas de défaite ! Il se glorifiait en la croix !

Les Chrétiens ne doivent ni avoir peur de la croix ni l’adorer. Elle est plutôt le symbole du plus grand acte d’amour de tous les temps !

Réfutation des arguments des Témoins
de Jéhovah

Tandis que l’Église chrétienne n’a jamais considéré la manière exacte dont Jésus a été crucifié comme un problème important, la Société Watch Tower en a fait tout une affaire. Ainsi, elle confirme sa réputation de donner de l’importance aux problèmes mineurs, détournant ainsi l’attention de ses membres de problèmes beaucoup plus sérieux.

La Société Watch Tower considère que les Églises sont " impures " du fait qu’elles emploient la croix comme symbole de la mort de Jésus. Il est vrai qu’un culte rendu à la croix ou à tout autre symbole est mauvais, mais l’utilisation d’un symbole n’a jamais été mauvais, que ce soit dans l’Ancien ou le Nouveau Testament. Par exemple, les rideaux du Tabernacle, à l’époque de Moïse, étaient brodés de chérubins, des créatures angéliques (Ex. 26:1). La Société Watch Tower elle-même utilise une tour comme son symbole distinctif.

Jusqu’à la fin des années 1930, la Société Watch Tower représentait Jésus mourant sur une croix traditionnelle. Toutefois, alors qu’elle finit par éliminer tant la croix que le nom de Jésus de la page de couverture de La Tour de Garde, elle continua d’utiliser comme symbole une tour de garde. Dans le livre Ennemis, le président Rutherford s’en prit violemment au récit traditionnel de la mise en croix parce que " les Celtes païens adoraient la croix bien longtemps avant la [naissance] et la mort de Christ " (pp. 188 et 189 de l’édition anglaise). Sans fournir la moindre preuve historique ou archéologique, Rutherford établit sa nouvelle doctrine comme un fait. En réalité, ce que faisaient les païens avec des croix avant la mort de Christ n’a rien à voir avec la façon dont les Romains crucifiaient les gens. De plus, ce n’est pas Jésus qui a choisi son instrument de mise à mort.

Voici les objections les plus courantes de la Société Watch Tower à propos de la croix :

  1. Le texte grec ne suggère pas qu’il s’agissait d’une croix, mais plutôt d’un " pieu " ou " poteau ".
  2. La croix était un symbole païen, adopté plus tard par l’Église " apostate ".
  3. L’archéologie prouve que Jésus est mort sur un poteau droit plutôt que sur une croix.
  4. Plutôt que de la mentionner ou de la représenter, il faut bannir la croix.

Considérons une à une les réponses à ces objections :

Les TJ : Le terme grec stauros ne désigne pas une croix.

Au fil des ans, la Société Watch Tower se mit à fournir des " preuves " pour soutenir sa position au sujet de la croix. C’est en 1950, avec la parution de la New World Translation of the Christian Greek Scriptures (Les Écritures grecques chrétiennes — traduction du monde nouveau), qu’elle soutint pour la première fois que les termes grecs stauros (Mat. 10:38) et xulon (Actes 5:30) ne signifient pas " croix ", mais désignent simplement un poteau droit sans traverse, et qu’il n’y a aucune preuve du contraire. — Appendice, pp. 768-771.

Comme l’indique la Société Watch Tower, le mot grec stauros désigne fondamentalement un pieu ou un poteau. Mais ce qu’elle ne dit pas, c’est que ce mot désigne souvent une construction plus complexe, comme une croix. Le mot latin crux, habituellement rendu par " croix ", était également parfois employé pour désigner un simple poteau. Ce que la Société Watch Tower ignore spécifiquement et dissimule soigneusement, c’est que les Romains exécutaient effectivement des prisonniers sur des croix. On appelait patibulum la barre transversale des croix de ce genre, et les esclaves qui devaient être exécutés le portaient habituellement jusqu’au lieu d’exécution. — Sénèque, De Vita Beata 19:3 ; Epistola 101:12 ; Tacite, Historiae, IV, 3.

Un lexique faisant autorité donne la définition suivante du mot stauros : " Poteau planté en terre dans une position verticale ; une barre transversale était souvent attachée à sa partie supérieure. "

Le mot xulon, comme stauros, peut également désigner une croix. Ce fait est lui aussi soigneusement dissimulé par la Société Watch Tower dans son effort pour prouver ses assertions. Ainsi, elle ne peut rien prouver du tout à propos des termes stauros et xulon. Il nous faudra donc nous tourner vers les récits historiques afin de trouver des preuves certaines au sujet de la méthode de crucifixion employée pour Jésus.

Les TJ : La croix était un symbole païen adopté plus tard par les Églises.

Quel que soit l’usage de la croix avant ou après l’époque de Jésus, cela n’a rien à voir avec notre problème. De plus, il n’existe aucune preuve concluante que les Juifs ou les Chrétiens du ier siècle considéraient la croix en tant qu’instrument de crucifixion comme un symbole du faux culte. Elle n’était qu’un instrument servant à punir ou à mettre à mort les criminels. Les symboles ont des significations différentes selon les époques. De plus, Jésus n’a pas choisi de mourir crucifié.

Bien que l’Église catholique ait pu par la suite mettre l’accent sur l’imagerie de la croix et que, même de nos jours, certaines personnes la considèrent comme une idole, cela ne change pas le fait que la Bible emploie la croix comme symbole de l’évangile (voir la quatrième objection). Les preuves démontrent que dès le ier siècle la croix était, pour certains Chrétiens, le symbole du Christianisme. Les Romains les tournaient même en dérision en représentant Jésus sous la forme d’un âne crucifié (voir l’illustration). Apparemment, la croix n’évoquait pas pour les Chrétiens du ier siècle quelque signification païenne antérieure, mais elle représentait Christ et son message, tant pour les croyants que pour les non-croyants. Il en va de même aujourd’hui. La croix est pour tout le monde le symbole du Christianisme.

Les TJ : L’archéologie montre que Jésus est mort sur un poteau, et non sur une croix.

Dans les éditions anglaises de 1950 et 1969 de la Traduction du monde nouveau (dans les Appendices), la Société Watch Tower reproduit l’une des seize illustrations proposées par l’auteur du xvie siècle Juste Lipse dans son ouvrage intitulé De Cruce Liber Primus, Secundus et Tres. La Société reproduit l’image d’un homme cloué à un poteau droit, sans toutefois mentionner que Lipse fournit quinze autres illustrations représentant des hommes cloués à différentes formes de croix. Elle fait ce commentaire : " C’est de cette manière que Jésus a été exécuté. " Elle se réfère ensuite à un article du magazine catholique Ecclesiastical Review, datant de 1920, qui indique que la croix ne fut pas employée comme symbole de la crucifixion avant 312 ap. J.-C.

On lit dans l’Appendice de l’édition de 1950 de la New World Translation of the Christian Greek Scriptures (p. 770) : " Plutôt que de considérer le poteau de supplice sur lequel Jésus fut cloué comme une relique digne d’être adorée, les Chrétiens Juifs, comme Simon Pierre, l’auraient considérée comme une chose abominable. " Afin de prouver que la croix était une abomination, la Société cite ensuite Galates 3:13, où Paul cite lui-même Deutéronome 21:22, 23. L’article continue en disant : " Les Chrétiens Juifs auraient dont tenu pour maudit et haïssable le poteau sur lequel Jésus avait été exécuté. " La Traduction du monde nouveau conclut en disant :

" Rien ne prouve donc que Jésus Christ ait été crucifié sur deux pièces de bois se coupant à angle droit. Nous refusons d’ajouter quoi que ce soit à la Parole écrite de Dieu en introduisant l’idée païenne de la croix dans les Écritures grecques chrétiennes, mais nous rendons stauros et xulon d’après leur signification la plus simple. […] Avec le temps, de futures découvertes archéologiques prouverons certainement l’exactitude de ce qui précède. Même maintenant, c’est à ceux qui soutiennent la tradition religieuse de prouver que Jésus est mort sur autre chose qu’un simple poteau. " (p. 771)

L’Appendice de l’édition de 1969 de la Kingdom Interlinear Translation [Traduction interlinéaire du royaume] contenait essentiellement la même information, tout comme l’édition de 1984 de référence de la New World Translation [édition révisée parue en français en 1995 sous le titre Les Saintes Écritures — Traduction du monde nouveau — avec notes et références] et l’édition révisée de 1985 de la Kingdom Interlinear Translation. Cette dernière édition, tout comme l’édition française de la Bible de référence, contient également un commentaire tiré de Vine’s Complete Expository Dictionary of Old and New Testament Words, soutenant l’idée selon laquelle les païens d’avant l’époque de Christ utilisaient le symbole " T ", représentant le dieu babylonien Tammouz, et que cette pratique a apparemment fini par influencer l’Église catholique pour ce qui est du culte de la croix. Vine prétend que le système ecclésiastique catholique a adapté le symbole de la croix en tant que continuité du paganisme.

Le plus étrange, dans tout cela, est que la Société Watch Tower puisse dire que " rien ne prouve […] que Jésus Christ ait été crucifié sur [une croix] ", alors que le livre même qu’elle utilise pour " prouver " ses assertions dit que Jésus est mort sur une croix ! On peut voir ci-dessous l’une des illustrations de Lipse que ne mentionne pas la Société Watch Tower, illustration montrant une crucifixion sur une croix. Voici également une traduction partielle du texte latin qui accompagne l’illustration :

" Dans la croix du Seigneur il y avait quatre pièces de bois : le poteau droit, la barre transversale, un tronc d’arbre (morceau de bois) placé au-dessous, et le titre (inscription) placé au-dessus.

" Ils tiennent aussi (ce récit) d’Irénée : ‘ La croix possédait cinq extrémités : deux sur la partie verticale et deux sur la partie horizontale, et une au milieu, sur laquelle reposait la personne attachée avec des clous. ’ " (De Cruce Liber Secundus, p. 392)

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Les anciennes éditions anglaises de la Traduction du monde nouveau (1950 et 1969), après avoir parlé de l’illustration de Lipse montrant un homme cloué à un poteau, déclaraient : " C’est de cette manière que Jésus a été exécuté. " De cette manière, la Société Watch Tower tentait de démontrer que le livre de Lipse prouvait leur théorie. Depuis lors, le fait que la malhonnêteté de la Société a été exposée au grand jour l’a incitée à retirer cette déclaration des éditions révisées de 1984 (1995 en français) et 1985 de la Traduction du monde nouveau. Mais cela ne l’empêche pas de continuer à utiliser l’illustration de Lipse pour tenter de prouver l’exactitude de sa croyance, tout en omettant de dire la vérité à ce propos ! C’est à dessein qu’elle cache la vérité.

De plus, sa référence au magazine catholique Ecclesiastical Review est dépassée, puisqu’il y a eu, depuis, des découvertes archéologiques qui indiquent qu’il en va autrement, comme le mentionne la Biblical Archaeology Review de janvier/février 1985.

Cela crée un autre problème embarrassant pour la Société Watch Tower : celui des découvertes archéologiques récentes. Elle disait en effet dans les éditions anglaises de 1950 et 1969 de la Traduction du monde nouveau : " Avec le temps, de futures découvertes archéologiques prouverons certainement l’exactitude de ce qui précède. " Pourquoi cette phrase ne figure-t-elle pas dans les éditions révisées de 1984 et 1985 de la Traduction du monde nouveau ? Justement à cause des découvertes archéologiques récentes ! Tandis que la Société Watch Tower a fait appel à des sources obscures et depuis longtemps dépassées pour prouver ses assertions, le monceau de découvertes historiques ainsi que les fouilles les plus récentes démontrent qu’il existe des preuves solides en faveur du récit traditionnel de la crucifixion, auquel ont toujours cru les Églises.

Les TJ : La Bible ne dit pas que Jésus est mort
sur une croix.

Il y a pourtant une preuve plus grande en faveur du récit traditionnel de la crucifixion que celle tirée de l’ouvrage de Lipse, et cette preuve se trouve dans la Bible elle-même. Lorsque Jésus apparut à ses disciples après sa résurrection, son corps ressuscité portait encore les marques des clous dans ses mains. Les disciples avaient peur de voir un esprit plutôt que leur Seigneur dans la chair. Luc 24:37 dit : " Saisis de frayeur et de crainte, ils pensaient voir un esprit. " Jésus leur répondit :

" Pourquoi êtes-vous troublés et pourquoi ces raisonnements s’élèvent-ils dans vos cœurs ? Voyez mes mains et mes pieds, c’est bien moi ; touchez-moi et voyez ; un esprit n’a ni chair ni os, comme vous voyez que j’en ai. "

La Société Watch Tower, soit dit en passant, voudrait nous faire croire que Jésus était un esprit à cette époque, et qu’en réalité il n’a fait que matérialiser un corps pour réconforter ses disciples. Comme il est préférable de croire ce que dit la Parole, à savoir qu’il s’agissait vraiment du corps de Jésus, dont les mains portaient encore les marques des clous.

Ceci nous amène à considérer le passage le plus concluant de tous, qui révèle que Jésus n’a pas été tué comme le montre la Société Watch Tower dans ses publications. L’apôtre Jean dit que Thomas, qui était absent lorsque Jésus apparut pour la première fois aux autres disciples, refusa de croire qu’il s’agissait vraiment de Jésus (il devait penser, lui aussi, que c’était un esprit !). Il dit aux autres :

" Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets mon doigt à la place des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point. " — Jean 20:25 (c’est nous qui soulignons).

Remarquons que Thomas savait que les mains de Jésus avaient été perforées par plus d’un clou. Et pourtant, la Société Watch Tower représente toujours Jésus avec un seul clou planté dans ses deux mains ! Lorsque Jésus réapparut pour Thomas, il lui montra ses mains afin qu’il puisse voir et croire. — Jean 20:26, 27.

Sentant apparemment qu’elle devait relever ce défi, la Société fit paraître un article " Questions des lecteurs " dans La Tour de Garde du 1er juillet 1984 (p. 31). Elle brouille le problème en citant partiellement la Cyclopaedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature de M’Clintock et Strong (ouvrage qui est en désaccord avec elle), ce qui lui permet de faire passer les spéculations sur le nombre de clous ayant servi dans la mise à mort de Jésus comme une ‘ perte de temps et d’énergie ’. (Elle a raison, car on ne sait pas combien de clous on été utilisés ; on sait toutefois qu’il y en avait au moins deux dans ses mains !) Elle essaie ensuite de faire croire que Thomas a été imprécis dans son langage, disant que même s’il n’a mentionné que les trous dans les mains de Jésus, il pouvait penser aussi aux trous dans ses pieds. L’article conclut en disant :

" Par conséquent, dans l’état actuel de nos connaissances, on ne peut définir avec certitude le nombre des clous qui ont été employés dans le supplice de Jésus. Toutes les représentations de Jésus sur le poteau sont fondées sur les données limitées dont nous disposons et doivent être considérées comme telles. En tout état de cause, nous ne devrions jamais permettre à des discussions sur un détail aussi insignifiant de nous faire perdre de vue cette vérité capitale : ‘ Nous nous sommes réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils. ’ — Romains 5:10. "

Il apparaît, puisque les preuves sont contre elle, que la Société a recours à sa bonne vieille technique consistant à accuser ses opposants de ce dont elle est elle-même coupable. C’est elle qui a fait des déclarations comme celle-ci : " Rien ne prouve donc que Jésus Christ ait été crucifié sur [une croix]. "

Comme d’habitude, la Société Watch Tower rejette le blâme sur les autres pour se couvrir. Mais il faut se rappeler que c’est elle qui accuse les gens de pratiquer " le faux culte " parce qu’ils se servent du symbole de la croix. Pour les Chrétiens, la méthode exacte qui fut employée pour crucifier Jésus n’est pas importante. Ce qui est important, c’est que la Bible met l’accent sur la croix !

Les TJ : Le poteau de supplice (la croix) était un sujet de honte, et il ne faut pas lui prêter
attention.

Il est vrai que les Juifs considéraient que l’exécution sur la croix était une façon de mourir ignominieuse, une malédiction. Elle signifiait la honte, et tout espoir de résurrection était retiré au supplicié. De la même manière, la Société Watch Tower considère le concept de Christ mourant sur le poteau comme quelque chose de négatif. Notez ce que déclare le périodique Réveillez-vous ! du 22 février 1973, p. 27 :

" Quel serait votre sentiment si l’un de vos meilleurs amis était mis à mort sur la base de fausses accusations ? Feriez-vous une copie de l’instrument ayant servi à son exécution, qu’il s’agisse d’une corde ou d’une chaise électrique ? Embrasseriez-vous cette image, brûleriez-vous des cierges devant elle ou la porteriez-vous sur vous comme un bijou ? Certainement pas. […].

" Aux yeux des Juifs et des Romains, Jésus est mort d’une façon humiliante et honteuse. Il fut exécuté comme un criminel de la pire espèce, de la même façon que les malfaiteurs qui furent pendus à côte de lui (Luc 23:32). Sa mort le présentait donc sous un très mauvais jour. Pour les chrétiens, l’instrument de supplice était donc quelque chose de détestable. S’ils l’avaient vénéré, on aurait pu croire qu’ils glorifiaient l’acte inique qu’il représentait, le meurtre de Jésus-Christ. "

Encore une fois, la Société Watch Tower embrouille tout en ‘ mettant dans le même sac ’ ceux qui ‘ vénèrent ’ ou adorent la croix et ceux qui la considèrent comme un symbole du Christianisme. Il est certain que rien ne peut justifier le fait d’adorer une croix ou de l’embrasser. Mais considérer la croix comme un symbole du Christianisme est parfaitement juste.

 


Article traduit du numéro de septembre/octobre 1989 du Bethel Ministries
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Nouvelle preuve en
faveur de la
crucifixion du Christ

" Deux questions au sujet de la crucifixion ". Tel était le titre d’un article fascinant paru dans le numéro d’avril 1989 de la Bible Review. Cet article comportait deux sous-titres : " La victime mourait-elle par asphyxie ? ", et " Les clous plantés dans les mains pouvaient-ils supporter le poids du corps ? "

L’auteur y discrédite l’ancienne théorie sur la crucifixion formulée en 1925 par A. A. LeBec, théorie largement répandue par le Dr. Pierre Barbet depuis 1953. Selon cette théorie, (1) Jésus est mort d’asphyxie du fait qu’il ne pouvait plus se soulever sur ses jambes pour respirer, et (2) les clous furent en réalité plantés dans ses poignets (supposant que la paume des mains n’auraient pas pu supporter le poids du corps). Il apparaît maintenant que les faits ne soutiennent pas la théorie de Barbet.

Des recherches médicales sur ce sujet furent effectuées par Frederick T. Zubige, qui est professeur adjoint de pathologie à l’Université de Médecine et de Chirurgie de Columbia, et auteur de l’ouvrage The Cross and the Shroud — A Medical Examiner Investigates the Crucifixion. Zubige démontre avec certitude que :

  1. Jésus n’est pas mort par asphyxie, mais plutôt d’un choc et d’un traumatisme. De plus, un homme cloué avec les bras tendus au-dessus de sa tête (comme le représente la Société Watch Tower) suffoquerait en quelques minutes, tandis qu’un homme avec les bras tendus sur les côtés faisant un angle de 60 à 70 degrés (comme sur une croix) peut vivre plusieurs heures sans suffoquer.
  2. Il existe deux endroits dans la paume de chaque main, dans lesquels un clou planté pourrait supporter un corps pesant plusieurs centaines de kg. Cela rend inutile la " théorie des poignets " pour expliquer comment les bras de Christ furent attachés à la croix.

Il y a plusieurs années, LeBec et Barbet étaient arrivés à la conclusion qu’une personne pendue avec les bras au-dessus de la tête mourrait de suffocation en quelques minutes, à cause de l’incapacité des poumons à se gonfler et à se contracter dans une telle position. De plus, un radiologue autrichien, Hermann Moedder, fit des expériences dans les années 1940 avec des étudiants en médecine, les pendant par les poignets avec les bras juste au-dessus de leurs têtes (exactement comme la Société Watch Tower représente Jésus sur le poteau). Les étudiants devinrent pâles au bout de quelques minutes, leur capacité pulmonaire tomba de 5,2 à 1,5 litres, et leur pression sanguine diminua tandis que leur pouls s’accéléra. Moedder en conclut qu’au bout d’environ six minutes surviendrait une incapacité à respirer si on ne les laissait pas se tenir debout pour se reposer.

La même chose serait arrivée à Christ s’il avait été suspendu à un poteau comme le dit et le représente la Société Watch Tower. Pendu par les mains placée juste au-dessus de sa tête, il aurait suffoqué au bout de quelques minutes.

Zubige, cependant, découvrit que si des étudiants étaient suspendus par les mains, ces dernières étant tendues sur les côtés de manière à former un angle de 60 à 70 degrés, aucun trouble respiratoire ne survenait, même après plusieurs heures. Puisque Matthieu 27:45, 46 et Luc 23:44 montrent que Jésus est resté sur la croix pendant environ trois heures, il y a une preuve supplémentaire en faveur d’une mort sur la croix traditionnelle.

Zubige mena ses expériences avec plusieurs volontaires qui acceptèrent de rester suspendus à des croix dans des positions diverses, sans qu’il n’y ait la moindre mutilation ou le moindre dommage corporel.

Leurs mains étaient attachées aux barres transversales des croix par des gants spéciaux en cuir. Pour démontrer qu’un clou planté dans une main pouvait supporter un poids de plusieurs centaines de kg, Zubige utilisa dans une autre expérience des bras prélevés sur des cadavres frais, les clouant à l’un des deux endroits de la paume indiqués sur l’illustration ci-dessous et suspendant des poids aux bras (une expérience plutôt macabre !).

Croix3.jpg (30457 bytes)

Des clous plantés dans l'endroit marqué d'un cercle (" Espace de Destot ") ou dans celui marqué d'un triangle (" zone ‘ Z ’ ") permettent à la main de supporter un poids bien supérieur à celui d'un corps humain.

Si Jésus n’est pas mort d’asphyxie, qu’est-ce qui provoqua sa mort ? Revoyons les événements survenus le jour de sa mort.

D’abord, Jésus a perdu un grand volume sanguin en transpirant du sang à cause de son angoisse mentale. Après avoir été arrêté, il fut fouetté avec un fouet de cuir dont les lanières se terminaient par des boules de métal ou des esquilles d’os. Lorsque les lanières pénétraient sa chair, elles provoquaient un traumatisme des nerfs, des muscles et de la peau. Il s’ensuivit un état d’épuisement total accompagné de tremblements, de déshydratation par une importante transpiration et d’une attaque. Il perdit donc beaucoup de fluides corporels. Avant même d’être mis en croix, Jésus était peut-être déjà en état de choc consécutif à la flagellation, à l’irritation des nerfs du cuir chevelu par la couronne d’épines et aux nombreux coups reçus. Finalement, il fut cloué à la croix au moyen de grands clous de fer carrés, plantés dans chacune de ses mains ainsi que dans ses pieds. Les lésions causées aux nerfs provoquaient des douleurs indescriptibles qui virent s’ajouter au choc et à la perte de liquide. Au bout de trois heures, le moindre mouvement provoquait une douleur atroce. La mort fut donc provoquée un choc extrêmement violent provoqué par l’épuisement, la douleur et la perte de sang.