Articles traduits du numéro de septembre 1984 du Bethel Ministries Newsletter

Le mythe du Dieu à trois têtes
ou
L’épouvantail de la Trinité

par Randall Watters

Pas plus tard que cette année, La Tour de Garde a publié quatre articles importants pour tenter de convaincre ses lecteurs qu’un milliard de Chrétiens croient en un Dieu à trois têtes et qu’ils rendent un culte à un Dieu mystique qu’ils ne peuvent arriver à connaître personnellement. Qu’est-ce qui a provoqué une telle attaque sur une grande échelle dirigée contre la doctrine de la Trinité et l’église chrétienne ?

Le Collège central se préoccupe déjà suffisamment de ce qu’aucune information sur ce qui a secoué le siège mondial en 1980 ne soit connue ; mais il doit faire face maintenant à un affront supplémentaire, car plusieurs des anciens membres de leur organisation, dont plusieurs Témoins de troisième génération, ont effectué des recherches dans la Bible et l’histoire du Christianisme et ont vu clair dans la théologie inconsistante de la Société Watch Tower. Ils en sont venus à connaître Jésus Christ par une relation personnelle, puis sont nés de nouveau ; ils participent à la communion et reconnaissent la divinité du Christ, tout comme celle du Père. Ils en sont venus à savoir que le Saint Esprit est plus qu’une simple " force agissante ", qu’il est réellement une Personne, pleinement Dieu pour ce qui est de sa nature et de sa puissance. Non seulement ces anciens Témoins de Jéhovah en sont arrivés à réaliser que le Collège central enseigne un " Jésus de papier " qui ne peut ni sauver ni guérir, ni communiquer avec eux ou répondre à leurs prières ; mais ils peuvent faire la démonstration dans leurs vies de la puissance du véritable Jésus Christ. Bon nombre d’entre eux peuvent témoigner qu’ils ont reçu une véritable guérison physique. Beaucoup ont été guéris de tumeurs, d’os fracturés ou brisés en plusieurs morceaux, de maladies des articulations, de désordres nerveux, d’ulcères, etc. Chose beaucoup plus importante, ils ont reçu en don une authentique paix intérieure et une joie durable qui surpasse tout ce qu’ils avaient pu imaginer auparavant (Philippiens 4:7). Le vrai christianisme doit pouvoir démontrer qu’il est réel, non seulement par sa théologie, mais aussi par le fruit qu’il produit dans la vie de ceux qu’il touche (Matthieu 7:16-20).

Puisque beaucoup d’anciens Témoins en sont venus à croire en la pleine divinité du Père, du Fils et du Saint Esprit, ils sont devenus une source de contrariété pour le Collège central des Témoins de Jéhovah. C’est ce que montrent les articles de La Tour de Garde qui essaient de traiter des sujets comme la Trinité, la nouvelle naissance, l’" apostasie ", l’histoire de l’église, etc. Dans les articles les plus récents, ils révèlent même leur anxiété par leur manière de rédiger les articles. Des expressions comme " les Témoins de Jéhovah ne sont pas troublés par […] ", et " les Témoins de Jéhovah ne sont pas surpris de […] ", sont maintes fois répétées, selon toute évidence pour convaincre les Témoins qu’ils ne devraient pas être troublés par ces choses (alors qu’ils le sont évidemment !).

Il est assez intéressant de noter qu’ils ont été obligés de faire, cette année, certaines concessions dans leur présentation de la Trinité sous forme d’" épouvantail ". Ils admettent maintenant qu’Arius, l’ancien hérétique qui était représentatif de leur enseignement au sujet de Christ, croyait que le Saint Esprit était une personne ; ils sont donc obligés de rejeter tout lien avec lui (bien que pendant des années ils se soient eux-mêmes présentés comme des Ariens ; voir le portrait d’Arius à côté de ceux de C. T. Russell et des apôtres dans l’édition anglaise Karatol du livre Le mystère accompli, 1918, p. 64). Maintenant, le service de la rédaction de la Société Watch Tower a adopté une position nouvelle : ils n’ont pas de christologie (doctrine de Christ) ! Ils " croient simplement à ce qu’enseignaient les premiers Chrétiens, et ne s’impliquent pas dans des définitions théologiques " ! (Voir La Tour de Garde du 1er décembre 1984, p. 27.) Ils ignorent le fait que l’on peut consulter leurs anciennes publications et constater qu’ils ont, au cours des ans, changé leur théologie au sujet de Christ, de l’église, du Diable, et ainsi de suite. En 1879, La Tour de Garde disait que Christ ne pouvait pas être l’archange Michel. Nous citons :

" Il est donc dit : ‘ Que tous les anges de Dieu l’adorent ’ ; [cela doit inclure Michel, le chef des anges, car Michel n’est pas le Fils de Dieu], et la raison en est qu’il a, ‘ par héritage, obtenu un Nom plus excellent qu’eux ’. " (les crochets et les italiques figurent dans l’original) — La Tour de Garde (édition anglaise), novembre 1879, p. 4 (réimpressions, p. 48).

Pareillement, dans l’édition anglaise de La Tour de Garde du 1er février 1959, p. 96, ils disent qu’Étienne a prié Jésus. Qu’ils choisissent d’appeler cela " théologie " ou non, les Témoins de Jéhovah ont affiné leur théologie sur des doctrines importantes, et ce de nombreuses fois au fil des ans. (Voir Duane Magnani, Dialogue With Jehovah’s Witnesses, vol. 1, qui présente des douzaines d’exemples documentés.)

Bien sûr, le Collège central a également été obligé d’admettre qu’il ne peut tout simplement pas citer le moindre groupe religieux du ier ou du iie siècle qui aurait pu avoir des enseignements semblables à ceux de la Société Watch Tower ; ils ont donc fini par rejeter tous les écrits des premiers Pères de l’Église ainsi que ceux des premiers hérétiques qu’ils avaient pourtant adoptés formellement. Ils n’ont aucune suggestion à proposer pour savoir qui étaient les " Témoins de Jéhovah " au ier siècle, car les données historiques montrent qu’il n’y avait personne comme eux à cette époque. Ils se trouvent en pleine " banqueroute " historique. Ils se sont retirés dans leur coin et nient avoir une quelconque théologie " développée ", pensant que cela n’est pas nécessaire. Ils prétendent que l’église primitive n’avait nul besoin de définir ses doctrines fondamentales. Voilà qui ressemble à un bel idéal, mais qui est absurde selon au moins deux points de vue :

(1) Les Chrétiens Juifs avaient déjà développé une théologie, fondement sur lequel ils avaient bâti les paroles de Jésus et des apôtres. Ils avaient élaboré des théologies à propos de Dieu, du Diable, de l’enfer, et de l’âme, théologies qu’ils avaient extrapolées à partir des écrits de Moïse, des prophètes et des Psaumes. Bien qu’il ait fermement attaqué les traditions des Juifs qui étaient contraires aux Écritures, Jésus n’a pas réfuté leur théologie sur des sujets doctrinaux majeurs, mais a plutôt bâti sur elle (Mat. 10:28 ; 13:39-42 ; Luc 16:19-31).

(2) Toute religion dont la doctrine est attaquée par des dissidents (comme l’était la doctrine chrétienne déjà au temps des apôtres) doit ensuite définir sa théologie afin de combattre l’hérésie, sous peine de connaître un suicide intellectuel suivi d’un écroulement. La façon de procéder du Collège central appelle donc ces questions :

L’étude et le développement de la théologie s’opposent-ils au Christianisme ?
Est-il acceptable d’utiliser des termes
philosophiques dans ces études ?

Si les Témoins de Jéhovah répondent " oui " à la première question, alors ils feraient mieux de rejeter les épîtres de Paul ainsi que la lettre aux Hébreux, car ces écrits font appel à des arguments développés pour combattre les erreurs doctrinales dans l’église primitive.

Prenons un exemple : Le rédacteur de la lettre aux Hébreux développe de nombreux antitypes basés sur le temple et ses accessoires. Cependant, l’Ancien Testament ne révèle pas explicitement que le temple était un " type " de quelque chose de plus grand. Sur quelle base le rédacteur a-t-il bâti cette théologie nouvelle ? D’abord, il a écrit sous l’inspiration du Saint Esprit. Ensuite, il a également pu s’inspirer de la pensée (et du langage) des Grecs. Cinq siècles auparavant, Platon avait fondé une doctrine bien connue à l’époque des apôtres. Dans sa traduction anglaise du Nouveau Testament, voici ce que dit William Barclay dans l’" Introduction à la Lettre aux Hébreux " :

" Cinq cents ans avant que le rédacteur de la lettre au Hébreux n’écrive son épître, le grand Grec Platon avait parlé d’une doctrine qui avait laissé une profonde empreinte dans la pensée grecque. Il avait parlé des formes ou idées. Elles étaient, disait-il, les idées parfaites, les formes parfaites, les modèles parfaits, les archétypes parfaits de tout ce qui existe dans les cieux. Tout sur terre n’était qu’une pâle et imparfaite copie de ces formes et de ces idées, et le but de la vie était de partir des imperfections du monde pour atteindre les perfections des cieux, de partir des irréalités de la terre pour atteindre la réalité des cieux. Comme l’avait vu le rédacteur de la lettre aux Hébreux, la perfection céleste était venue sur terre par Jésus. "

Maintenant, nous ne voulons pas dire que les rédacteurs du Nouveau Testament ont fait des emprunts au paganisme. Mais les " païens " utilisent parfois des concepts justes ! Ce n’est pas parce qu’un concept n’est pas présenté explicitement dans la Bible qu’il est mauvais ou dangereux. Il n’est pas mauvais d’employer des principes littéraires ou philosophiques pour expliquer les révélations divines contenues dans la Bible. Nous voulons simplement nous en tenir à des pensée correctes et logiques. Ce qui est mauvais, c’est d’employer certains arguments pour s’éloigner de la signification simple et claire d’un texte biblique ou de la détruire (voir le précédent article sur l’herméneutique). Voici ce que dit Harold J. Brown à propos de l’influence de la pensée hellénistique sur la doctrine :

" Il est évident que la théologie trinitaire avait besoin de l’aide de concepts hellénistiques pour son développement et son expression, mais ils furent les outils au moyen desquels ont été concrétisées les idées sous-entendues dans le Nouveau Testament ; ce n’étaient pas des concepts étrangers imposés à un message essentiellement simple.

" L’adoption du credo de Nicée en 325, puis celle du credo de Chalcédoine en 451 stabilisèrent pour plus de mille ans les doctrines de la Trinité et du Christ, employant pour cela des conceptions et des pensées hellénistiques. La question importante n’est pas de savoir si la théologie orthodoxe trahit une influence hellénistique. Il ne pouvait en être autrement dans le climat culturel de l’époque. La question importante est de savoir si cette orthodoxie représente une interprétation juste et correcte de la christologie du Nouveau Testament ou si elle la déforme gravement. " — Heresies, pp. 146, 105.

Comment pouvons-nous illustrer le besoin de définir la doctrine en prenant comme exemple le Nouveau Testament ? Jésus, par exemple, n’a jamais développé la doctrine du salut comme l’a fait Paul dans ses lettres aux Romains et aux Galates. Il n’a jamais non plus défini les détails de la résurrection céleste comme Paul l’a fait en 1 Corinthiens chapitre 15. Jésus n’a jamais bâti sur le symbolisme du temple et de ses accessoires, comme l’a fait l’auteur de la lettre aux Hébreux. Nous trouvons là une théologie développée par la raison et la logique, ainsi que par l’inspiration de l’Esprit. L’Ancien Testament et les paroles de Jésus contenaient les principes, ou fondations, sur lesquelles cette théologie a été bâtie, mais ne contenaient pas de concept développé de ces sujets tels qu’on les trouve en Hébreux et dans les écrits de Paul.

Le Christianisme doit être capable de réfuter l’hérésie qui naît en son sein, sous peine se suicider intellectuellement et de s’effondrer. Le Collège central s’efforce de faire la même chose en réfutant la doctrine de la Trinité dans les derniers périodiques. Pourtant, il semble qu’il ne puisse tolérer les réfutations de l’hérésie développées au sein de l’église chrétienne des deux premiers siècles. Pourquoi deux poids et deux mesures ? Lorsque la doctrine de la résurrection de Jésus fut mise en doute, Paul la défendit en 1 Corinthiens 15:12-58 par une magistrale réfutation de ceux qui niaient la résurrection corporelle de Christ. Pourquoi Paul n’a-t-il pas laissé seuls les opposants ? Les déclarations toutes simples de Jésus à propos de la résurrection n’étaient-elles pas adéquates pour réduire au silence les incroyants ? Évidemment pas, car Paul craignait que les sceptiques ne finissent par détruire les congrégations avec leurs hérésies. Les Gnostiques constituaient également une formidable menace pour l’église primitive, et c’est pourquoi l’apôtre Jean fit de nombreux efforts pour les réfuter dans ses écrits. Les réfutations de ce genre n’étaient pas nécessaires au début ! Les paroles de Jésus étaient simplement prises littéralement, et sa seconde venue, la résurrection, le sort des méchants, etc., n’étaient pas " spiritualisés " et transformées en vagues métaphores. La congrégations chrétienne primitive acceptait la résurrection littérale et corporelle de Christ. Il n’y eut nul besoin de définir certains détails sur la résurrection avant que les hérétiques n’arrivent pour la remettre en question. Notez cette observation historique faite par Brown au sujet de la théologie primitive :

" Les opinions divergent quant à savoir quel écrivain chrétien primitif mérite d’être qualifié de premier théologien. On pourrait penser au philosophe converti Justin le Martyr (vers 100-vers 165), auteur de la célèbre Première Apologie, qui traite des arguments des païens, et du Dialogue avec Tryphon, qui traite des arguments des Juifs. Nous choisirons Irénée (vers 125-vers 202), l’évêque hellénisant de Lyon, dans le sud de la Gaule, auteur d’un ouvrage en cinq volumes écrit vers 180-89 et intitulé Contre les hérésies. Le titre complet est Mise en lumière et réfutation de la prétendue Gnose. Nous voyons donc que l’une des toutes premières actions doctrinale significative du Christianisme ne fut pas le résultat direct du désir de produire une théologie complète, mais naquit de la nécessité de faire face à une hérésie dangereuse et persistante. " — Heresies, p. 42.

Nous trouvons donc un modèle dans l’histoire de l’église chrétienne, selon lequel la doctrine doit souvent être clarifiée afin de réfuter l’opposition.

Il est intéressant de remarquer que les 27 livres du Nouveau Testament, que la Société Watch Tower reconnaît comme inspirés, furent admis dans le canon (acceptés comme inspirés) par nulle autre que l’Église Catholique, et ce avec l’objectif de combattre l’hérésie pour laquelle le Collège central a pris position ! En fait, les 27 livres dans leur ensemble ne furent pas admis dans le canon avant 400 ap. J.-C. environ, longtemps après que la plupart des écrits significatifs des premiers Pères de l’Église furent entrés en sa possession ! Nous pouvons presque dire que le développement de l’ensemble de la doctrine précéda le moment où le Nouveau Testament fut complété. En effet, tandis que les différents livres du Nouveau Testament furent rédigés avant ou près de la fin du ier siècle et que le Credo des Apôtres date de 125 au plus tôt, la première preuve documentaire de l’existence d’un canon pratiquement complet du Nouveau Testament — le fragment de Muratori — date de 200 environ. D’autre part, la canonicité de certains livres du Nouveau Testament est restée controversée jusqu’à la fin du ive siècle, époque à laquelle de nombreux ouvrages doctrinaux importants avaient été écrits. On a souvent retrouvé les anciens manuscrits bibliques avec les écrits de ces Pères de l’Église (lesquels, soit dit en passant, croyaient en la pleine divinité de Christ et en la personnalité du Saint Esprit). Pourquoi le Collège central ignore-t-il ce fait ?

Objection : " La doctrine de la Trinité, telle qu’elle est représentée par le credo de Nicée,
ne peut pas être acceptée comme vérité biblique parce qu’elle n’a pas été développée avant 325 av. J.-C. "

Nous venons de voir que le développement tardif d’une doctrine ne la rend pas fausse si des éclaircissements supplémentaires ne modifient pas sa signification. Dans le cas du Credo de Nicée en 325 ap. J.-C., il était nécessaire (selon les deux parties en présence) de clarifier la divinité du Fils. La clarification de la nature du Christ permettrait de réaffirmer l’efficacité de la rançon sacrificielle qu’il avait offerte. Arius avait commencé à enseigner une nouvelle doctrine selon laquelle Christ était une créature. ‘ Si Christ est une créature, argumentait Athanase, il ne peut pas plus racheter les péchés que les sacrifices d’animaux (parfaits ou non). ’ Dieu n’a pas établi une créature comme médiateur, pas plus qu’il ne nous demande d’adorer des créatures ; et pourtant il ordonne aux anges d’adorer Christ (Héb. 1:6). Le Credo de Nicée fut adopté afin de donner de la force aux paroles de Paul contenues en Colossiens 2:9, 10 :

" Car en lui habite corporellement toute la Plénitude de la Divinité, et vous vous trouvez en lui associés à sa plénitude, lui qui est la Tête de toute Principauté et de toute Puissance. " (La Bible de Jérusalem, édition de 1998)

Les Écritures disent clairement que Christ est Dieu, comme en Jean 1:1 (" la Parole était Dieu "), et ceci n’a pas même été débattu en 325. De plus, comme tous ceux qui étaient présents, y compris Arius, admettaient que le Saint Esprit était une personne (ce qui est établi par les écrits des apôtres, mais aussi par ceux d’Ignace, Irénée et Justin le Martyr), le problème était de savoir si le Saint Esprit avait été créé et/ou était de même nature que le Père et le Fils.

Le point est le suivant : Si nous pouvons prouver que les apôtres et les premiers chrétiens croyaient que Christ était Dieu incarné et que le Saint Esprit était une personne, alors l’église primitive avait raison de définir la nature de Christ et du Saint Esprit.

Objection : " les théologiens des premiers
siècles cherchaient des preuves en faveur d’un Dieu trin. "

La Société Watch Tower semble être obsédée par l’idée que l’église primitive voulait croire en un étrange Dieu à trois têtes. Ils ne voudrons jamais admettre que les sujets de débat dans ces premiers conciles de l’église n’avaient rien à voir avec l’" apparence " de Dieu, du fait que Dieu n’a pas d’apparence physique. Chacune des discussions portait sur d’infimes points de clarification, comme la substance de Dieu, sa nature et son omnipotence, en rapport avec le Père, le Fils et le Saint Esprit. Les éclaircissements apportés par ces conciles n’affectèrent en rien le point de vue chrétien selon lequel Jésus est soumis au Père ou qu’il s’est vidé lui-même pour venir sur terre. En fait, les conciles ont souvent mis un frein à un point de vue hérétique sur Jésus qui abaissait à la fois Christ et le Père. Nous devons honorer le Fils de la même manière que le Père. Il est dit en Jean 5:22, 23 :

" De plus le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l’a envoyé. " (Bible à la Colombe)

Que dire de toutes les sources citées par la Société Watch Tower pour étayer leurs
arguments contre la Trinité ?

Malheureusement, la plupart des lecteurs de La Tour de Garde ne considèrent jamais les trois points vitaux suivants :

(1) 80% des sources qu’ils citent proviennent de trinitaires, ce qui amène à poser cette question : Si ces sources montrent vraiment que la Trinité est une doctrine humaine, pourquoi ces biblistes y croient-ils ? Le Collège central voudrait vous faire croire que c’est parce qu’ils veulent croire en un dieu à trois têtes. Mais qui veut croire en un dieu à trois têtes ? Qui ne voudrait pas que la théologie soit simple, comme celle de la Société Watch Tower ? La Tour de Garde cite librement comme autorité des biblistes chrétiens, lesquels sont pourtant considérés comme insensés à cause des conclusions auxquelles les mène leur formation de biblistes.

(2) 15% de leurs sources sont des ouvrages profanes, comme l’Encyclopœdia Britannica. Si les Témoins de Jéhovah prenaient le temps de lire objectivement et en entier les articles ou les sources cités par la Société Watch Tower, et non pas seulement les quelques phrases reproduites dans La Tour de Garde, ils aboutiraient à des conclusions quelque peu différentes de celles tirées par le Service de la rédaction de la Société Watch Tower. Nous suggérons, par exemple, de lire dans entièrement l’article " Christianity " [Christianisme] dans l’Encyclopœdia Britannica. Malheureusement pour ses lecteurs, La Tour de Garde manque souvent de donner les numéros de page de leurs sources, et plusieurs des livres cités sont obscurs et difficiles à trouver.

(3) Les 5% restant des sources de la Société Watch Tower proviennent généralement des Unitariens, des Christadelphes, des spirites, des agnostiques et d’autres sources sans valeur pour la vérité biblique. Bien que La Tour de Garde ne le révèle pas, ces sources obscures nient souvent l’inspiration de la Bible ainsi que son infaillibilité. Le Collège central s’arrange toujours pour trouver quelqu’un qui est d’accord avec eux sur un point précis. Mais nous devons d’abord examiner la crédibilité de leurs sources.

Ainsi sont les techniques du Service de la rédaction de la Société Watch Tower. Ils citent des trinitaires hors contexte ou font des citations incomplètes (remarquez les trois points entre parenthèses (…) ou entre crochets […] indiquant une interruption dans la citation). Ils ont l’habitude de citer des livres profanes qui présentent le Christianisme sous un faux jour, ou bien ils font des citations incomplètes, sans révéler la tendance de l’article. Ils feront des pieds et des mains pour trouver une source soi-disant " chrétienne " qui va dans leur sens, comme par exemple Johannes Greber, le spirite qui a traduit ainsi Jean 1:1 : " La Parole était un dieu. " Témoins de Jéhovah, prenez garde à ce que fait cette organisation pour vous maintenir dans les ténèbres !

L’aspect le plus remarquable des quatre articles sur la Trinité (La Tour de Garde du 1er mai 1984, pp. 3-8 ; du 1er novembre 1984, pp. 19-24 ; du 15 novembre 1984, pp. 27-31 ; et du 1er décembre 1984, pp. 25-30) est l’effet " épouvantail " habituel. Ils présentent sous un faux jour ce que croient les Chrétiens, puis se mettent à " abattre " cet " épouvantail ". Les preuves les plus évidentes sont que l’on y trouve pas moins de cinq images de dieux à trois têtes sensés représenter le Dieu de la Chrétienté. C’est un véritable non-sens de dire que la Chrétienté enseigne à ses membres l’existence d’un dieu à trois têtes. Dieu n’a pas de " tête ". Ce sont les Témoins qui prétendent que Dieu a un corps, et non pas les Chrétiens ! (Voir Auxiliaire pour une meilleure intelligence de la Bible, p. 337 ; Étude perspicace des Écritures, vol. 1, p. 546.) Le Christianisme orthodoxe enseigne que Dieu est un Esprit et que, en tant que tel, il n’a pas de forme visible ou matérielle. Il est plutôt omniprésent et bien supérieur au dieu du Collège central, ce prétendu esprit-avec-un-corps. Les vrais Chrétiens n’essaient pas de représenter Yahweh et n’ont pas à le faire, car ils adorent avec l’Esprit et la vérité (Jean 4:24). Si l’on adore en Esprit, on n’a nul besoin d’avoir une image mentale (ce qui serait de l’idolâtrie) ; on connaît Dieu et on peut converser intimement avec lui par son Fils Jésus Christ. Les vrais Chrétiens ont le Christ vivant en eux, ainsi que le Saint Esprit. Étant omniprésent, Dieu le Père, Fils et Saint Esprit peut posséder le vrai croyant, comme Jésus l’a promis ; il réside ainsi en lui de façon surnaturelle, surpassant la pensée matérialiste. C’est pour cela que ceux en qui le Saint Esprit ne réside pas encore ne peuvent concevoir les choses spirituelles, qu’ils ne sont pas nés de nouveau et que leurs pensées sont terrestres (Jean 3:3-12). Il est donc naturel que le Collège central éprouve de réels problèmes avec la nature et les attributs du Dieu éternel.

Ayant été Témoin de Jéhovah pendant huit ans et connaissant très bien leurs enseignements sur le Père, le Fils et l’" esprit saint ", je peux dire honnêtement, en repensant à la façon dont je comprenais ces enseignements, que le dieu imaginaire que j’adorais n’était absolument pas tout-puissant. Non seulement il ne pouvait pas être partout à la fois et ne connaissait pas toujours l’avenir, mais il n’avait ni le pouvoir de guérir qui que ce soit ni de changer effectivement la situation de quelqu’un, ni de lui donner l’assurance du salut. De surcroît, je n’ai jamais connu le Seigneur Jésus Christ, qui n’était pas mon médiateur (1 Tim. 2:5, 6) et avec qui je ne pouvais partager la communion (Jean 6:53, 54). Selon les enseignements de la Société Watch Tower, je ne pourrais jamais le voir. Il me faudrait travailler pendant mille ans pour devenir parfait, et ensuite, si ce dieu imaginaire approuvait mon attitude, je pourrais obtenir le " droit " de vivre éternellement. C’est de mon plein gré que je suivais cette religion, mais comme le Dieu de la Bible est différent ! Il aime plus que le meilleur des pères sur la terre, il répond aux prières, il guérit les vies et les corps brisés et peut faire de vous une personne entièrement nouvelle en Christ ayant une espérance mille fois meilleure que les espérances imaginaires de la Société Watch Tower. De plus, le fait d’avoir pour enseignant le Saint Esprit à la place de Jésus (Jean 14:26) est incomparable par rapport à ce qu’à à nous offrir La Tour de Garde. Le Créateur de la vie est réel ; il est un Esprit et il veut vivre en nous (Jean 17:21), utilisant nos vies à sa gloire.

Le Saint Esprit :
personne ou force ?

Vers la fin de son ministère terrestre, Jésus dit à ses disciples : " Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements, et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Consolateur qui soit éternellement avec vous, l’Esprit de vérité, que le monde ne peut pas recevoir, parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas ; mais vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure près de vous et qu’il sera en vous. " — Jean 14:15-17.

Selon les paroles de Jésus, cet Esprit de vérité allait être pour les Chrétiens un Consolateur ou un Aide. Le mot grec traduit par consolateur est paraklêtos, que l’on pourrait traduire plus exactement par " avocat " ou " conseiller ", ce qui éclaire davantage son rôle envers l’humanité.

Qu’ils s’en soient bien rendu compte ou non, ces disciples de Jésus avaient déjà été guidés par le Saint Esprit pendant que Jésus était encore avec eux. Mais après sa mort et sa résurrection le Saint Esprit vivrait, ou résiderait, en eux de façon permanente. Le monde ne le reconnaîtrait pas du tout, avait dit Jésus, car seuls les vrais croyants le pourraient.

Jésus nous révèle ensuite : " Mais le Consolateur, le Saint Esprit que le Père enverra en mon nom, c’est lui qui vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. " (Jean 14:26). L’Esprit nous enseignerait et nous rappellerait tout ce que nous avons besoin de savoir. Jésus continue : " Cependant, je vous dit la vérité : il est avantageux pour vous que je parte, car si je ne pars pas, le Consolateur ne viendra pas vers vous ; mais si je m’en vais, je vous l’enverrai. " — Jean 16:7.

Tout comme l’Esprit peut convaincre une personne intérieurement, ou dans son cœur, il pourrait également nous enseigner de l’intérieur, ou des parties les plus profondes de l’âme. Il rendrait témoignage à Jésus Christ, n’usurpant donc pas le ministère de celui-ci. Il nous donnerait une connaissance intime de Dieu, comme nous le dit Paul en 1 Corinthiens 2:9-12 :

" Nous annonçons ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment. Car c’est à nous que Dieu l’a révélé par l’Esprit ; l’Esprit en effet sonde tout, jusqu’aux profondeurs de Dieu. Qui donc entre les hommes sait ce qui concerne l’homme, sinon l’esprit de l’homme qui est en lui ? De même, nul ne connaît ce qui concerne Dieu, sinon l’Esprit de Dieu. Or, nous n’avons pas reçu, nous, l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, pour connaître les dons gracieux que Dieu nous a faits. " (La Bible de Jérusalem, édition de 1998)

Quand un Chrétien fait vraiment l’expérience du Saint Esprit résidant en lui, c’est alors, et seulement alors, qu’il commence à saisir l’unité du Père, du Fils et du Saint Esprit (Jean 17:21-24).

Les Chrétiens n’ont pas besoin d’un " clergé " ou d’une classe spéciale pour leur interpréter la Parole de Dieu, car le Saint Esprit est leur enseignant :

" Pour vous, l’onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n’avez pas besoin qu’on vous enseigne ; mais comme son onction vous enseigne toutes choses, qu’elle est véritable et qu’elle n’est pas un mensonge, demeurez en lui comme elle vous l’a enseigné. "

Ce Consolateur et Aide est-il réellement une personne possédant la conscience et une personnalité ? L’Esprit ne peut-il pas tout simplement être l’énergie de Dieu ou sa force agissante, comme l’enseignent plusieurs sectes ?

Ils sont nombreux à nier que le Saint Esprit soit réellement une personne qui pense, agit, et a un rôle différent de celui du Père ou du Fils. Bien sûr, nombreux aussi sont ceux qui nient que Satan soit une personne réelle. Est-il important de savoir avec certitude si le Saint Esprit est une personne ? Nous pourrions également demander : " Est-il important de savoir si Satan est une personne réelle ? " Assurément la réponse est oui ! En effet, Satan est le destructeur qui " rôde comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer " (1 Pierre 5:8). Il est vraiment dangereux pour un Chrétien de ne pas reconnaître cela. Par conséquent, il en va de même pour le Saint Esprit, qui est appelé le Consolateur ou l’Aide. Si l’Esprit est une personne, il est tout aussi dangereux de lui nier une personnalité, car dans ce cas nous marchons dans ce monde sans aide et sans véritable consolation.

Les Écritures montrent que la question est même encore plus sérieuse. Prenons un exemple : Si nous ne croyons pas que Jésus est le Fils de Dieu, nous faisons de la peine à Dieu et nous perdrons la vie éternelle (Jean 8:24). Mais les Écritures disent que nous pouvons aussi peiner l’Esprit (Éphésiens 4:30) et qu’il est possible de pécher contre lui :

" C’est pourquoi, je vous le déclare : les hommes pourront être pardonnés pour tout péché et pour toute insulte qu’ils prononcent ; mais celui qui insulte le Saint-Esprit ne recevra pas de pardon. L’homme qui dit une parole contre le Fils de l’homme sera pardonné ; mais celui qui parle contre le Saint-Esprit ne sera pardonné ni dans le temps présent, ni dans le temps à venir. " — Matthieu 12:31, 32, La Bible en français courant.

On ne peut pécher contre une force agissante impersonnelle. Lorsque l’on pèche, c’est contre des gens ou contre Dieu. Et comme les Écritures nous disent que l’on peut pécher contre le Saint Esprit, et le peiner, elles nous montrent qu’il a des sentiments et qu’il est une personne.

Ceux qui croient que l’Esprit n’est qu’une énergie ou une force auront à croire l’une des deux choses suivantes. Soit l’Esprit est une force impersonnelle que Dieu envoie pour accomplir certaines choses, un peu comme l’électricité est envoyée des générateurs pour faire fonctionner vos appareils électriques ; ou alors le Saint Esprit est, d’une certaine manière, la force de Dieu qui reflète ou possède les attributs de Dieu. Cela voudrait alors dire que Dieu est envoyé de Dieu pour accomplir un certain dessein. Et ceci est précisément vrai : le Saint Esprit est envoyé de Dieu. Mais nier sa personnalité et son individualité revient à ignorer les preuves évidentes du contraire, comme le montrent les références suivantes :

Le Saint Esprit est appelé Dieu Actes 5:3, 4

Mis sur un pied d’égalité avec Mat. 28:19 ;
le Père et le Fils 2 Cor. 13:14

Créateur Genèse 1:2

Il travaille, distribue, veut 1 Cor. 12:6, 11
(de sa propre volonté)

Enseigne et rappelle Jean 14:26 ; 1 Jean 2:27

Avocat et Conseiller (du grec Jean 14:16 ; 1 Jean 2:1
paraklêtos, employé pour
désigner le Saint Esprit)

Intercède pour nous devant Dieu Romains 8:26

Témoigne Jean 15:26, 27

Dirige le ministère Actes 8:28, 29

Interdit Actes 16:6, 7

Réconforte, aide Jean 14:16-26

Peut être peiné Éphésiens 4:30

On peut lui mentir Actes 5:3, 4

On peut blasphémer contre lui Matthieu 12:31, 32

Comme nous l’avons déjà vu, les argument employés pour prouver que Satan est une personne réelle peuvent servir également à montrer que le Saint Esprit est une personne. Considérons l’argument suivant, prouvant la personnalité de Satan, et extrait de Réveillez-vous ! du 8 mars 1974, p. 27 ; après avoir examiné Job 1:6-12 ; 2:1-7 ; et Matthieu 4:1-11, l’article dit :

" Vous remarquerez aussi que ces deux récits rapportent qu’il y a eu une conversation entre Dieu et le Diable, puis entre celui-ci et Jésus-Christ. Jéhovah comme Jésus sont des personnes. Une ‘ force ’ inintelligente peut-elle s’entretenir avec une personne ? De plus, la Bible dit que Satan est un homicide, un menteur, un père (dans un sens spirituel) et un chef (Jean 8:44 ; 14:30). Seule une personne intelligente peut être décrite ainsi. C’est pourquoi l’encyclopédie de M’Clintock et Strong déclare : ‘ Les rédacteurs sacrés utilisent toutes les actions d’une personne pour dépeindre le personnage et la conduite de Satan. (…) Toute qualité et toute action, qui peuvent refléter une personnalité, lui sont attribuées en des termes qui ne peuvent s’expliquer autrement. ’ "

Une force inintelligente peut-elle avoir une conversation ? Nous ne pouvons qu’être d’accord avec Réveillez-vous ! et dire " non ! " Mais, bizarrement, ils ne peuvent appliquer le même raisonnement au Saint Esprit lorsqu’il parle à des gens en Actes 8:29 et 10:19, 20. En Actes 15:28, le Saint Esprit fait un décret, et en Actes 21:11 il prophétise à Agabus. Même dans l’Ancien Testament, en Ézéchiel 3:24, le Saint Esprit parle à Ézéchiel. Ainsi, comme le disent M’Clintock et Strong, ces preuves révèlent une personne réelle, et non pas seulement une force impersonnelle, " en des termes qui ne peuvent s’expliquer autrement ".