Article traduit du numéro de juillet/août 1985 du Bethel Ministries Newsletter

JÉHOVAH :
le nom au-dessus de tous les noms ?

par Randall Watters

En Exode 3:15, Dieu se désigne lui-même par un nom, représenté dans l’original hébreu par les quatre consonnes YHWH (les voyelles ne figurent pas dans le texte). Ces quatre lettres, écrites en hébreu, sont désignées par le terme tétragramme. On n’est pas sûrs, aujourd’hui, de la prononciation de ce nom, bien que les hébraïsants suggèrent " Yahweh " ou " Yahwah ". Comme le révèle le contexte d’Exode chapitre trois, la signification de ce nom pour Moïse et Pharaon était évidemment plus importante que sa prononciation. De plus, comme Dieu révèle qu’il s’est donné ce nom pour des temps indéfinis (pour toujours), nous avons besoin de savoir ce qu’il signifie pour nous.

Les Témoins de Jéhovah, depuis 1931, aiment à dire qu’ils ont le ‘ monopole ’ du nom de Dieu. Ce n’est pourtant pas avant cette date qu’ils adoptèrent leur nom actuel. Je discutais l’autre jour avec Joseph Pandolfo, de l’Ohio, qui a maintenant 86 ans. Joseph servait au siège de la Société Watch Tower dans les années 1930 et connaissait J. F. Rutherford (qui en était alors le président) pour avoir discuté avec lui en de nombreuses occasions. Joseph m’a parlé d’une lettre qu’il avait écrite à Rutherford en 1930, dans laquelle il lui avait demandé pourquoi les " Étudiants de la Bible " (comme ils se faisaient alors appeler) n’avait pas de nom pour les distinguer du reste des Églises. Cette lettre ne reçut jamais de réponse, mais un an plus tard Rutherford annonçait que leur groupe avait un nouveau nom : " Témoins de Jéhovah ". L’intention de Rutherford était de séparer totalement l’organisation du reste du monde se disant chrétien.

Pourquoi la Société Watch Tower a-t-elle choisi la prononciation " Jéhovah " pour le nom divin ? Selon tout apparence, parce que cette forme représentait la vocalisation la plus commune du tétragramme (YHWH) et qu’elle était employée dans la King James Bible et plusieurs autres versions. Aujourd’hui, la Société Watch Tower ne dit pas que " Jéhovah " est la prononciation la plus exacte du nom. Il ne pourrait d’ailleurs pas en être ainsi, car les sons " J " et " V " sont étrangers à l’hébreu ancien. Le principal argument de la Société Watch Tower consiste en fait en une attaque contre le non emploi du nom. Elle critique directement les églises pour n’avoir pas mis l’accent sur le fait que Dieu a un nom personnel, et que celui-ci devrait être employé régulièrement. C’est là pour l’initié un puissant argument à l’encontre des églises, et le Témoin de Jéhovah est rarement contré sur ce point. J’espère réfuter, dans cet article, quelques-uns des arguments de la Société Watch Tower tels que les présente leur brochure Le nom divin qui demeure à jamais (1984), ainsi que certains des arguments que l’on trouve dans l’Appendice 1d de la nouvelle édition de référence (1995) de la Traduction du monde nouveau et dans l’introduction de la version interlinéaire Grec-Anglais produite par la Société.

Certains biblistes modernes sont contre l’utilisation de la forme " Jéhovah ", lui préférant " Yahweh " ou " Yahvé ", ou encore la forme non vocalisée du tétragramme, comme c’est le cas aujourd’hui parmi les Juifs orthodoxes. L’argument des premiers consiste principalement à montrer que " Jéhovah " n’était certainement pas la prononciation originale, et qu’il s’agit d’un terme inventé — ou à tout le moins utilisé en premier — par le moine espagnol Raymundus Martini dans son livre Pugeo Fidei en 1270.

L’autre argument, qui est celui des Juifs, est basé sur la tradition, le nom étant considéré comme trop sacré pour être prononcé lors d’une conversation ordinaire. Nous lisons dans la Mishna (enseignements rabbiniques recueillis au cours des siècles) : " Dans le Temple le Nom était prononcé comme il s’écrivait, mais dans les provinces on lui en substituait un autre. " (Sota VII, 6) Sanhédrin VII, 5 rapporte qu’un blasphémateur n’était coupable ‘ que s’il prononçait distinctement le Nom ’. Il est dit en Sanhédrin X, 1 que " ‘ celui qui prononce le nom divin selon les lettres qui le composent ’ fait partie de ceux qui n’ont pas part au monde futur ".

Le contre-argument de la Société Watch Tower, qui a un certain poids, est que la façon dont on prononce le nom n’a pas d’importance, puisqu’elle sera différente selon la langue employée et qu’elle sera parfois très éloignée de la prononciation originale, et que c’est le fait d’utiliser le nom qui est important. L’exemple donné est celui du nom " Jésus ", ainsi que " Jérémie " et " Ésaïe ", puisqu’en hébreu ces noms étaient plutôt prononcés " Yéshoua ", " Yirmeyahou " et " Yeshayahou ". Ils disent que l’on ne s’abstient pas de dire " Jésus ", même s’il ne s’agit pas de la prononciation exacte et originale de ce nom. Ils accusent donc ceux qui n’emploient pas " Jéhovah " d’être incohérents, puisque ces mêmes personnes utilisent le nom de Jésus. Jusque là, l’argumentation de la Société Watch Tower est logique.

Mais à partir de ce point, le Service de la rédaction de la Société Watch Tower suit une ligne de raisonnement très étroite tout en omettant de tout dire. C’est ce dont nous allons discuter, ainsi que de leur manière d’aborder la traduction de la Bible. Nous aborderons plusieurs points principaux, et les citations de publications de la Société Watch Tower seront présentées en petits caractères. Chaque sujet débutera en général par une citation de la Société Watch Tower, suivie de sa réfutation.

La signification du nom

" Il est donc évident que la prononciation originelle du nom de Dieu s’est perdue. Mais cela n’a pas une grande importance, sinon le Créateur aurait veillé à ce qu’elle soit préservée à notre intention. L’essentiel, c’est que nous nous servions du nom de Dieu dans la forme consacrée par notre langue, quelle qu’elle soit. " — Le nom divin, p. 7.

La déclaration ci-dessus semble logique, et les trois premières phrases sont des arguments employés également par les spécialistes des langues bibliques. Mais l’histoire, aussi bien de la Bible que de l’Église du premier siècle, révèle que la dernière phrase ne reflète que la pensée de la Société Watch Tower. Mais commençons par considérer la signification du nom.

Voici comment se lit Exode 3:14 dans la Traduction du monde nouveau : " Alors Dieu dit à Moïse : ‘ Je serai ce que je serai. ’ Et il ajouta : ‘ Voici ce que tu diras aux fils d’Israël : " Je serai m’a envoyé vers vous. " ’ " (édition révisée de 1995). Ce verset se lisait ainsi dans l’édition de 1987 : " Alors Dieu dit à Moïse : ‘ Je me révélerai être ce que je me révélerai être. ’ Et il ajouta : ‘ Voici ce qu’il te faudra dire aux fils d’Israël : " Je me révélerai être m’a envoyé vers vous. " ’ "

Le Comité de traduction de la Société Watch Tower sait très bien que les meilleurs biblistes ont traduit ici par " Je suis ce que je suis ", et que ce verset peut aussi servir à prouver que Jésus disait être égal à Jéhovah en disant, à propos de son identité et de son origine : " Je suis " (grec : égô éïmi ; Jean 8:58). Dans le but d’éviter toute possibilité de comprendre ainsi ce verset, la Société Watch Tower a employé ici le futur. Voici pourtant ce que disent Keil & Delitzsch dans leur Commentary On The Old Testament (vol. 1, p. 74) :

" Si l’on cherche la signification de (YHWH), l’expression ‘ ’Èhyèh ’ashèr ’èhyèh d’Exode 3:14 ne doit jamais être rendue par ‘ ésomaï hos ésomaï ’ (Aq., Théodt.), ‘ Je serai ce que je serai ’ (Luther), ni par ‘ Je serai ce que je voudrai ou devrai être ’ (M. Baumgarten). Il ne signifie pas non plus ‘ Celui qui sera parce qu’il est lui-même, le Dieu du futur ’ (Hofmann). Car dans les noms formés à partir de la troisième personne de l’imparfait, l’imparfait n’est pas un futur, mais un aoriste. Selon la signification fondamentale de l’imparfait, les noms ainsi formés désignent une personne comme se distinguant par une qualité manifestée fréquemment ou constamment. Autrement dit, ils expriment une caractéristique spécifique. La Vulgate le rend correctement : ‘ ego sum qui sum ’, ‘ Je suis qui je suis ’. "

Dans le Nouveau Testament, Jésus et les disciples se réfèrent souvent au nom de Dieu. Dans la pensée hébraïque, l’accent n’était pas mis sur la véritable prononciation du nom, mais sur ce qu’il impliquait, son autorité et ses caractéristiques. Il en est ainsi en Exode 3:13, où Moïse demande à Dieu : " J’irai donc vers les Israélites et je leur dirai : le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous. Mais, s’ils me demandent quel est son nom, que leur répondrai-je ? " Pourtant, les Israélites connaissaient le nom de Dieu (voir Genèse 26:25 ; 28:13), au moins pour ce qui est de sa prononciation. En fait, ils s’interrogeaient sur le caractère exprimé par ce nom.

Comme l’indique le Dr. Robert Countess dans son livre The Jehovah’s Witnesses New Testament, page 26 : " Si les Témoins devaient être un peuple pour le nom de Dieu, et si Son nom avait été préservé dans l’autographe grec en lettres hébraïques anciennes, alors il est raisonnable de penser que la prononciation de Son nom aurait été également préservée. " Mais il n’est rien. Au contraire, comme nous allons le voir, le fait d’être un " peuple pour Son nom " (depuis la venue de Christ) signifie porter le nom de Jésus, et non pas le nom " Jéhovah ".

Jésus utilisait-il le nom ?

Voici l’une des principales démonstrations de la Société Watch Tower :

" Un jour, dans une synagogue, le Christ s’est levé pour lire un passage du rouleau d’Ésaïe. Le texte qu’il avait sous les yeux correspond, dans nos Bibles, aux versets 1 et 2 du chapitre 61 de ce livre, dans lequel le nom divin apparaît plus d’une fois (Luc 4:16-21). Quand donc Jésus a rencontré ce nom, s’est-il refusé à le prononcer pour le remplacer par les mots ‘ Dieu ’ ou ‘ Seigneur ’ ? Sûrement pas. S’il avait agi de la sorte, il aurait suivi une tradition non biblique forgée de toutes pièces par les dignitaires du judaïsme. "

" Tout bien considéré, il est fort peu vraisemblable que Jésus se soit abstenu d’utiliser le nom de Dieu, surtout quand il a cité des passages des Écritures hébraïques où celui-ci se trouvait. " — Le nom divin, pp. 15, 16.

Sur trois postulats figurant dans leur argumentation, deux au moins sont dogmatiques et un est faux. D’abord, ils présument que le tétragramme figurait bel et bien dans le texte lu par Jésus. La brochure Nom divin, leur Bible de référence et la Kingdom Interlinear s’efforcent de démontrer en long et en large que quelques-unes des plus anciennes copies de la Septante (ou LXX, traduction grecque de l’Ancien Testament, souvent citée par Jésus) avaient les lettres YHWH écrites en caractères hébreux anciens partout où figurait le nom divin. Ces textes, cependant, sont une minorité lorsqu’on les compare au grand nombre de manuscrits qui ne portent pas le tétragramme. De surcroît, il n’y a aucun moyen de savoir si le tétragramme figurait dans les rouleaux que Jésus lisait. Au premier siècle, plusieurs sortes de traductions étaient en usage. Dans son livre Biblical Exegesis in the Apostolic Period (p. 66), R. Longenecker dit que Jésus " effectuait parfois une sélection textuelle parmi les différentes versions araméennes, hébraïques et grecques employées alors ". Aux pages 60 et 61, il dit au sujet des citations que les évangiles attribuent à Jésus : " La grande majorité d’entre eux sont du type de la Septante […]. Dans quelques cas, […] c’est la leçon de la LXX qui fournit à Jésus le libellé de ses citations, contre le T[exte] M[assorétique] ou les Targums connus. " Étant donné que la majorité des textes de la Septante dont nous disposons aujourd’hui ne contiennent pas trace du tétragramme, il est hautement probable que Jésus citait souvent des textes où il ne figurait pas.

Le second postulat dogmatique est que Jésus citait les textes littéralement. Même si le tétragramme se trouvait dans ce rouleau en particulier, rien ne garantit que Jésus en a lu les versets mot pour mot ni qu’il a prononcé le tétragramme.

Par exemple, considérons Luc 4:18, où Jésus cite Isaïe 61:1. Bien que sa citation corresponde généralement à la leçon de la LXX (Septante), elle est en partie contraire à la LXX et au TM (texte massorétique), et est en partie conforme au TM contre la LXX. De plus, Jésus inclut dans sa citation une ligne extraite d’Isaïe 58:6. Il y a un autre exemple intéressant dans les écrits de Matthieu. La Société Watch Tower s’efforce de démontrer que l’évangile de Matthieu a été rédigé à l’origine en Hébreu et qu’on y trouvait donc forcément le tétragramme. Mais, bien que les citations de Matthieu proviennent du texte massorétique ou d’un autre texte hébreu existant, ses citations des paroles de Jésus sont, de façon prédominante, tirées de la Septante, qui ne contenait probablement pas le tétragramme. Cela montre que Jésus avait un penchant pour la Septante, et qu’il a peut-être même lu le texte en grec !

Le troisième postulat, faux celui-là, établi par la Société Watch Tower est que les chefs religieux auraient toléré son enseignement dans les synagogues et l’auraient cautionné en disant : " Enseignant, tu as bien parlé " (Luc 20:37, 38), après qu’il eut prononcé le nom divin. Des récits historiques provenant de la Mishna, de Josèphe et d’autres sources rapportent que les Juifs ne supportaient pas que l’on utilise le nom divin, et qu’ils n’auraient certainement pas toléré qu’un autre que le Grand Prêtre le prononce. Pourtant, absolument aucun récit ne rapporte que les Juifs auraient attaqué Jésus pour avoir utilisé le Nom, ce qui aurait constitué l’un de leurs principaux griefs contre lui si cela avait été le cas. Selon tout vraisemblance, il aurait été jeté hors de la synagogue, et les scribes et les Pharisiens auraient refusé de l’écouter par la suite. Mais il fut plutôt accusé de blasphème pour s’être attribué le Nom (c.-à-d. sa notoriété et son autorité ; voir Jean 8:58 ; 10:33) !

Les apôtres utilisaient-ils le nom ?

Voici ce qu’en dit la Société Watch Tower :

" Au premier siècle, les chrétiens employaient-ils le nom divin ? Rappelons que Jésus leur avait ordonné de faire des disciples des gens de toutes les nations (Matthieu 28:19, 20). Or, parmi les personnes à qui ils devaient prêcher, beaucoup ne connaissaient pas du tout le Dieu qui s’était révélé aux Juifs sous le nom de Jéhovah. Dès lors, comment allaient-ils leur expliquer de qui il s’agissait ? Serait-il suffisant de l’appeler Dieu ou Seigneur ? Bien sûr que non. En effet, les nations avaient aussi leurs dieux et leurs seigneurs (I Corinthiens 8:5). Dans ce cas, comment les disciples établiraient-ils une distinction nette entre le vrai Dieu et les faux ? Ils ne pourraient le faire qu’en employant son nom personnel.

" On conçoit donc que le disciple Jacques ait fait la remarque suivante au cours d’une réunion d’anciens qui se tenait à Jérusalem : ‘ Siméon a raconté, sans rien omettre, comment Dieu a, pour la première fois, tourné son attention vers les nations pour en tirer un peuple pour son nom. Et avec cela s’accordent les paroles des Prophètes. ’ (Actes 15:14, 15). Dans le célèbre discours qu’il a prononcé le jour de la Pentecôte, l’apôtre Pierre a également attiré l’attention de ses auditeurs sur un élément fondamental du message chrétien lorsqu’il a cité ces paroles du prophète Joël : ‘ Quiconque invoquera le nom de Jéhovah s’en tirera sain et sauf. ’ — Joël 2:32 ; Actes 2:21.

" Paul, quant à lui, ne nous cache pas l’importance qu’il attache au nom divin. Dans sa lettre aux chrétiens de Rome, il reprend les mêmes propos de Joël, après quoi il encourage ses lecteurs à démontrer leur foi dans cette prophétie en allant prêcher le nom du Créateur à leurs semblables afin que ceux-ci puissent être sauvés à leur tour (Romains 10:13-15). Plus tard il écrira à Timothée : ‘ Qu’il rompe avec l’injustice, quiconque nomme le nom de Jéhovah ! ’ (II Timothée 2:19). […].

" Cependant, Jésus et ses disciples avaient annoncé qu’une apostasie se déclarerait dans la congrégation chrétienne. Par exemple, l’apôtre Pierre avait écrit : ‘ Il y aura (...) parmi vous de faux enseignants. ’ (II Pierre 2:1 ; voir aussi Matthieu 13:36-43 ; Actes 20:29, 30 ; II Thessaloniciens 2:3 ; I Jean 2:18, 19). Ces prédictions se sont réalisées, de sorte que le nom de Dieu a été relégué à l’arrière-plan. Il a même été écarté des copies et des traductions de la Bible. " — Le nom divin, p. 16.

Pour commencer, la Société Watch Tower part du postulat que le Dieu des Hébreux n’était pas connu des autres nations. Les Juifs étaient bien connus comme des monothéistes qui n’adoraient qu’un seul Dieu, et le nom de Yahweh s’était fait sa propre réputation parmi les autres nations. Mais la véritable question est celle-ci : par quel nom les Chrétiens s’identifiaient-ils ? Celui de Yahweh ou celui de Jésus ? Rien n’indique que les Chrétiens des temps apostoliques furent jamais appelés " Témoins de Jéhovah ", ou " de Yahweh ", ni qu’ils employèrent jamais ce nom. Lorsqu’ils citaient les prophéties de l’Ancien Testament dans lesquelles figuraient le nom divin, ils appliquèrent toujours le Nom à Jésus Christ ! De plus, ils furent par la providence divine appelés " Chrétiens ", le seul nom biblique qui leur ait jamais été donné, l’expression " témoins de Yahweh " ne s’étant appliquée qu’au Juifs vivant sous l’alliance de la Loi de Moïse. Les Juifs étaient mariés à Yahweh, mais les Chrétiens sont considérés comme étant mariés à Christ. — Comparer Isaïe 54:1-6 avec Éphésiens 5:25-27.

Considérons maintenant certains passages de l’Ancien Testament qui parlent de Jéhovah, passages que les rédacteurs du Nouveau Testament ont cités et appliqués à Christ :

(1) Hébreux 1:10 est une citation de Psaume 102:25 selon la LXX. Le Psaume parle sans contestation possible de Jéhovah, et pourtant le rédacteur de la lettre aux Hébreux l’applique à Christ ! Sachant cela, le Comité de traduction du monde nouveau a rompu avec ses propres règles et a refusé d’insérer " Jéhovah " en Hébreux 1:10.

(2) 1 Pierre 3:14, 15 est une citation d’Isaïe 8:12, 13, qui contient sans contestation possible le tétragramme dans le texte hébreu, où il est question de " sanctifier Jéhovah dans nos cœurs ". Pierre paraphrase ce passage et l’applique directement à Christ, disant que nous devons sanctifier Christ dans nos cœurs ! Encore une fois, leur Comité de traduction a trouvé un moyen de ne pas suivre ses propres règles. Même les notes en bas de page figurant dans la Bible de référence et la Kingdom Interlinear montre que plusieurs traductions modernes de la Bible en hébreu ont " Jéhovah " en 1 Pierre 3:15. Mais, puisque cela identifierait Christ à Jéhovah, le Comité de traduction a refusé d’affronter ce problème.

(3) Actes 2:21 cite la prophétie de Joël 2:28-32 — où figure le tétragramme dans le texte hébreu —, qui dit : " Et quiconque invoquera le nom de Jéhovah sera sauvé. " (Crampon 1905) Pierre cite donc ce texte en Actes 2:21 et l’applique à Jésus, puis dit au verset 38 : " Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour obtenir le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. " (Ibid.)

De plus, le nom de Jésus a plus d’importance que celui de " Jéhovah " dans le Nouveau Testament. Dans le seul livre des Actes, notez la grande importance que revêt le nom du Christ sans que soit mentionné le nom de Dieu révélé dans l’Ancien Testament :

Guérisons en son Nom Actes 3:6, 16 ; 4:10, 30
Salut en son Nom Actes 4:12 ; 10:43 ; 22:16
Baptême en son Nom Actes 2:38 ; 8:16
Pardon par son Nom Actes 10:43
Enseignement et
prédication en son Nom Actes 4:18 ; 5:28 ; 8:12
Invocation de son Nom Actes 2:21 ; 9:14, 21
Parler en son Nom Actes 4:17 ; 9:27, 29
Souffrir pour son Nom Actes 5:41 ; 9:16 15:26
Porter son Nom devant
les nations Actes 9:15
Paul s’est opposé à son Nom Actes 26:9
Appelés ou désignés
par son Nom Actes 11:26

Les récits du Nouveau Testament montrent que le nom de Jésus, plutôt que le nom de Jéhovah, avait une importance primordiale. C’est aussi ce que montre Hébreux 1:1, 2, où il est dit que si Dieu a parlé dans le passé par le peuple de son alliance, il parle maintenant par le Fils, qui est la représentation exacte du Père (tout en étant pas le Père). On peut aussi noter d’autres textes du Nouveau Testament qui disent que le nom de Jésus est le plus important qui soit : 1 Corinthiens 1:2 ; Éphésiens 1:20, 21 ; Philippiens 2:9 ; Colossiens 3:17 ; 2 Thessaloniciens 1:12 ; 1 Jean 3:23 ; Révélation 2:3, 13. Jésus a lui aussi parlé de l’importance de son nom dans les passages suivants : Matthieu 7:22 ; 10:22 ; 12:15-21 ; 18:5, 20 ; 19:29 ; 24:9 ; 28:19, 20 (pour ne citer que Matthieu).

L’histoire du texte du Nouveau Testament montre que ce sont les Chrétiens de l’époque apostolique (premier siècle) qui diminuèrent l’importance du nom que Dieu s’était donné dans l’Ancien Testament, car Jésus était le nom qui était le plus important pour eux. C’est ce que nous allons voir maintenant.

Découvertes textuelles anciennes

Voici les principaux arguments de la Société Watch Tower :

" Fait intéressant, de très vieux fragments de la Septante qui existaient déjà du temps de Jésus ont survécu jusqu’à notre époque, et il est à noter que le nom personnel de Dieu y apparaît. The New International Dictionary of New Testament Theology (Nouveau dictionnaire théologique international du Nouveau Testament, tome II, page 512) déclare à ce propos : ‘ Des documents récemment découverts infirment l’idée selon laquelle les traducteurs de la LXX [la Septante] auraient rendu le tétragramme YHWH par kurios. Les plus vieux MSS [manuscrits] de la LXX que nous possédions (à l’état de fragments) portent le tétragramme en caractères héb[reux] dans le texte grec. Cet usage a été perpétué par les traducteurs juifs de l’A[ncien] T[estament] au cours des premiers siècles ap. J.C. ’ Ainsi donc, qu’ils aient lu la Bible en hébreu ou en grec, Jésus et ses disciples ne pouvaient manquer d’y rencontrer le nom divin.

" C’est ce qui a amené George Howard, professeur à l’université de Géorgie, aux États-Unis, à tenir le raisonnement suivant : ‘ Comme la Septante utilisée et citée par l’Église du Nouveau Testament contenait le nom divin sous sa forme hébraïque, les rédacteurs du Nouveau Testament ont sans doute conservé le Tétragramme dans leurs citations. ’ (Biblical Archaeology Review, [Revue d’archéologie biblique], mars 1978, page 14). D’ailleurs, de quel droit auraient-ils fait le contraire ? " — Le nom divin, p. 24.

" Au cours du iie ou iiie siècle de n. è., les scribes ont supprimé le Tétragramme aussi bien dans la Septante que dans les Écritures grecques chrétiennes, lui substituant Kurios ‘ Seigneur ’, ou Théos ‘ Dieu ’.

" Sur l’emploi du Tétragramme dans les Écritures grecques chrétiennes, voici ce qu’a écrit G. Howard de l’université de Géorgie (Journal of Biblical Literature, vol. 96, Boston 1977, p. 63) : ‘ Des découvertes récentes en Égypte et dans le désert de Juda nous permettent de voir de première main l’emploi du nom de Dieu aux temps préchrétiens. Ces découvertes sont importantes pour les études du N[ouveau] T[estament] en ce qu’elles établissent une analogie littéraire avec les documents chrétiens les plus anciens et qu’elles expliquent peut-être comment des auteurs du NT ont utilisé le nom divin. Dans les pages qui suivent, nous avancerons la théorie que le nom divin, %&%* (et peut-être des abréviations du nom), se trouvait écrit à l’origine dans les citations du NT tirées de l’A[ncien] T[estament] et dans les allusions qu’on y faisait, et qu’avec le temps le nom a été remplacé par le substitut > [abréviation de Kurios, ‘ Seigneur ’]. Cette suppression du Tétragramme a, selon nous, jeté la confusion dans l’esprit des premiers Gentils devenus chrétiens sur la relation entre le ‘ Seigneur Dieu ’ et le ‘ Seigneur Christ ’, ce qui se reflète dans la tradition manuscrite du texte du NT.

" Nous souscrivons à ce que dit l’auteur, à ceci près : nous ne considérons pas cette manière de voir comme une ‘ théorie ’, mais comme une présentation de faits historiques sur la transmission des manuscrits bibliques. " —Traduction du monde nouveau, édition de référence de 1995, Appendice 1d, p. 1682.

Pour répondre à ces déclarations, il faut d’abord préciser que les fragments de la Septante dans lesquels figure le tétragramme sont Juifs, aucun ne pouvant être d’origine chrétienne. Or, nous ne sommes pas tant intéressés par ce que faisaient les Juifs que par ce que faisaient les Chrétiens de l’époque apostolique dans leurs traductions. Dans son livre Society, Manuscripts and Beliefs in Early Egyptian Christianity (p. 77), C. H. Roberts explique ceci : " Les versions existantes de la Septante provenant de sources Juives contiennent le tétragramme, tandis que seulement deux exemplaires de la Septante qui contiennent le tétragramme sont peut-être d’origine chrétienne. " Robert parle de ces deux sources chrétiennes comme d’une " forme Juive de christianisme (qui) persistait à Oxyrhynchus, et une explication possible de l’existence de ces deux textes excentriques serait qu’ils étaient l’œuvre de scribes Judéo-chrétiens ". (pp. 34, 57)

L’un de ces anciens manuscrits dont parlent la Société Watch Tower et le New International Dictionary est la transcription faite par Aquila, un Chrétien apostat. Ce dernier traduisait des passages de manière à contrer les arguments des Chrétiens, mais son style était l’exception plutôt que la règle. (Voir Our Bible and the Ancient Manuscripts de Kenyon, p. 56.) Le New International Dictionary inclut d’ailleurs Aquila parmi les " traducteurs Juifs tardifs ".

Jésus et ses disciples rencontraient certainement le tétragramme occasionnellement dans leurs lectures, mais on ne peut que faire des suppositions pour ce qui est de savoir quand et avec quelle fréquence. On ne peut tirer le moindre argument puissant à partir de ce genre de spéculation, bien que la Société Watch Tower ait essayé de le faire.

Pour ce qui est du Professeur Howard, sa thèse n’est qu’une théorie, comme il l’admet lui-même. Il ne s’efforce même pas de commencer à suggérer, dans aucun de ses écrits, que le tétragramme devrait être restauré dans le texte du Nouveau Testament. Un traducteur honnête ne peut commettre ce genre de falsification, car il n’existe aucun manuscrit ancien contenant le tétragramme.

Quand la Société Watch Tower demande : " De quel droit auraient-ils fait le contraire ? ", c’est-à-dire ‘ comment auraient-ils pu ne pas copier le tétragramme ? ’, elle ignore le fait que les premiers Chrétiens n’avaient pas de " règles " à suivre en ce domaine. Ils ne pensaient tout simplement pas qu’il était important de préserver le tétragramme. Des preuves émanant des écrits chrétiens du premier siècle révèlent que les Chrétiens remplacèrent eux-mêmes le tétragramme par leurs propres abréviations, appelées nomina sacra par les spécialistes. Ces symboles ont pu être créés par l’église de Jérusalem avant 70 av. J.-C., ou au plus tard vers l’an 100. (Rappelons-nous que la Bible, telle que nous la connaissons aujourd’hui, n’a vu son canon officiellement fixé que bien plus tard !)

Les biblistes disent aussi qu’il n’existe aucun lien entre les nomina sacra et la pratique consistant à traduire le tétragramme par Kurios ou Théos. Cette dernière ne provenait pas d’une superstition ou de la tradition, mais une convenance employée par l’Église primitive. Les nomina sacra n’étaient pas utilisés uniquement pour le tétragramme, mais également pour les noms " Christ " et " Jésus ". Cette pratique date de l’Église des temps apostoliques, et non pas " du iie ou iiie siècle de n. è. ", comme l’affirme dogmatiquement la Société Watch Tower.

En résumé : Les anciens manuscrits chrétiens contiennent des abréviations des noms sacrés, tandis que certains manuscrits de la LXX ont conservé le tétragramme. Mais puisque le Nouveau Testament a été écrit par des Chrétiens et pour des Chrétiens, l’utilisation de manuscrits Juifs par la Société Watch Tower est sans valeur.

À côté de la plaque

" Comme nous l’avons vu, le nom de Dieu a fini par être rétabli dans de nombreuses versions des Écritures hébraïques. Mais qu’en est-il du ‘ Nouveau Testament ’ ? Les traducteurs et les étudiants de la Bible ont pu remarquer par eux-mêmes qu’en l’absence du nom divin certains passages des Écritures grecques chrétiennes sont pour le moins obscurs. Par contre, dès qu’on remet ce nom à la place qui lui revient, cette portion de la Parole inspirée de Dieu devient beaucoup plus claire.

" À titre d’exemple, considérons une phrase extraite de la lettre de Paul aux Romains, telle qu’on la trouve dans la version Segond. La voici : ‘ Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. ’ (Romains 10:13). Quel nom devons-nous donc invoquer en vue de notre salut ? Puisque le Christ est souvent appelé ‘ Seigneur ’ et qu’un autre verset proclame : ‘ Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé ’, faut-il en conclure que Paul pensait à Jésus Christ ? — Actes 16:31, Segond.

" Justement pas. Dans la version Segond, en Romains 10:13 une note marginale renvoie le lecteur à Joël 2:32, texte qui appartient aux Écritures hébraïques. Si vous ouvrez votre Bible à ce passage, vous constaterez que Paul citait les propos de Joël dans son épître aux Romains. Or, selon l’hébreu original, ce prophète avait dit : ‘ Quiconque invoquera le nom de Jéhovah s’en tirera sain et sauf. ’ (Traduction du monde nouveau). Il s’ensuit que Paul voulait nous inviter à invoquer le nom de Jéhovah. Dès lors, s’il est vrai que nous devons croire en Jésus, il n’en demeure pas moins que notre salut dépend directement de notre façon de considérer le nom du Créateur.

" Cet exemple illustre bien comment la suppression du nom de Jéhovah dans les Écritures grecques a amené plus d’un lecteur à confondre Jésus avec son Père. Sans l’ombre d’un doute, cette altération a compté pour beaucoup dans l’essor du dogme de la Trinité. " — Le nom divin, p. 26.

Apparemment, les " traducteurs et les étudiants de la Bible " mentionnés par la Société Watch Tower et qui ont eu du mal à comprendre le Nouveau Testament ne sont nul autre que les Témoins de Jéhovah eux-mêmes. Si vous comprenez, comme les rédacteurs inspirés du Nouveau Testament, que Jésus partage la nature et le nom de son Père, il n’y a plus aucun problème. D’un autre côté, si vous croyez que Jésus est une créature, un ange, alors de sérieux désaccords apparaissent qui doivent être éliminés de la Bible afin que vous puissiez conserver votre théologie. Quand un apôtre cite un passage de l’Ancien Testament qui parle de Jéhovah et l’applique de façon évidente à Jésus (comme en Romains 10:13), il vous faut effectuer une véritable gymnastique dans la traduction ou dans l’interprétation pour conserver votre opinion, et c’est ce qu’a fait la Société Watch Tower. Comme il est triste de constater qu’ils n’ont pas compris la transition entre l’Ancienne et la Nouvelle alliance. Notons ce que dit Herman Bavinck dans son livre Our Reasonable Faith (p. 313) :

" L’utilisation et la signification du nom dans l’Ancien Testament est reportée sur Christ dans le Nouveau. Le Nom du Seigneur, ou le Nom seul, était dans l’Ancien Testament la dénomination de la gloire de Dieu révélée. Aux jours du Nouveau Testament, cette gloire est apparue dans la personne de Jésus Christ ; et ainsi la force de l’église repose maintenant en Son nom. […] le nom de Jésus était une sorte de compendium de la confession de l’église, la force de sa foi et l’ancre de son espérance. Tout comme Israël, dans le passé, se glorifia dans le nom de Jéhovah, de même l’église du Nouveau Testament trouva sa force dans le nom de Jésus Christ. En son nom, le nom de Jéhovah a atteint sa pleine révélation. "

C’est là le point principal à côté duquel la Société Watch Tower est passée, surpassant de très loin les inconsistances dans les églises. Tout comme les Pharisiens contemporains de Jésus, ils ont manqué le véritable Messie !

La Société Watch Tower est-elle honnête ?

" Étant donné que le nom de Dieu ne figure pas dans les manuscrits dont nous disposons, le traducteur a-t-il le droit de le rétablir ? Absolument. Du reste, la plupart des lexiques grecs admettent que le mot ‘ Seigneur ’ désigne souvent Jéhovah dans la Bible. Ainsi, à l’entrée Kurios (‘ Seigneur ’), l’ouvrage intitulé A Greek and English Lexicon of the New Testament, de Robinson (Lexique grec-anglais du Nouveau Testament, 1859), explique que ce terme décrit ‘ Dieu comme le Seigneur suprême, le Souverain de l’univers. Il remplace habituellement l’héb[reu] %j%£ Jéhovah dans la Sept[ante] ’. Par conséquent, là où les Écritures grecques chrétiennes ont cité les Écritures hébraïques, le traducteur est autorisé à rendre le mot Kurios par ‘ Jéhovah ’ quand le nom de Dieu apparaît dans l’original hébreu. " — Le nom divin, pp. 26, 27.

La Traduction du monde nouveau compte parmi les versions qui restituent audacieusement et à bon droit le nom de Dieu dans les Écritures grecques chrétiennes. Cette traduction, qui existe actuellement en 11 langues, dont le français, utilise le nom divin chaque fois que les Écritures grecques citent un verset des Écritures hébraïques où il se trouve. En tout, le nom par excellence se rencontre 237 fois dans cette version du ‘ Nouveau Testament ’. " — Le nom divin, p. 27.

Quant à savoir si un traducteur a le droit d’introduire dans le Nouveau Testament quelque chose qui ne figure pas dans les documents anciens disponibles, et ce simplement sur la base d’un parti pris théologique, je laisserai répondre un autre traducteur. Stephen T. Byington est le traducteur de The Bible in Living English, et la Société Watch Tower a acheté les droits de production et de distribution cette version de la Bible parce qu’elle utilise le nom " Jéhovah " dans l’Ancien Testament (mais pas dans le Nouveau). Voici ce que dit Byington lui-même à propos des " Écritures grecques chrétiennes " de la Société Watch Tower :

" Si nous devons présenter un argument pour montrer qu’il faut traduire par ‘ le Seigneur ’ là où le grec dit ‘ le Seigneur ’, je dirais que lorsque Jésus, ses apôtres et leurs amis lisaient à haute voix un texte de l’Ancien Testament, ils disaient ‘ le Seigneur ’ pour ‘ Jéhovah ’, même dans une citation aussi précise que Marc 12:29 (on peut citer le manuscrit d’Isaïe récemment découvert comme une nouvelle preuve que la coutume de dire ‘ le Seigneur ’ a commencé avant l’époque de Christ, car les leçons ‘ Jéhovah ’ et ‘ le Seigneur ’ y alternent, et l’on explique cette alternance par le fait que les deux étaient prononcés de la même manière), et on ne peut présupposer que les apôtres écrivaient autrement qu’ils ne parlaient. Et le travail d’un traducteur est de reproduire l’original. "

La Société Watch Tower ferait bien de tenir compte des paroles de quelqu’un qu’elle admire tant pour avoir mis le nom " Jéhovah " dans sa traduction de l’Ancien Testament. Mais, en disant que leur version " utilise le nom divin chaque fois que les Écritures grecques citent un verset des Écritures hébraïques où il se trouve ", ils ont franchi le gouffre séparant la présomption de la franche malhonnêteté. Comme nous l’avons vu plus haut, la Société Watch Tower n’a pas mis " Jéhovah " en 1 Pierre 3:15 et Actes 2:21, bien que les passages de l’Ancien Testament qui y sont cités contiennent le tétragramme. Ils auraient ainsi en quelque sorte admis que Jésus est identifié au " Jéhovah " de l’Ancien Testament.

En conclusion : Rien ne peut scientifiquement justifier l’introduction du tétragramme (et encore moins du terme moins exact " Jéhovah ") dans le texte du Nouveau Testament. L’absence du tétragramme dans tous les manuscrits du Nouveau Testament, dont plus de 13 000 sont disponibles, démolit leur argumentation. Si Dieu avait été vraiment si soucieux de préserver son nom de l’ancienne alliance, on se demande pourquoi il n’y aurait aucune preuve que les apôtres l’auraient préservé dans leurs écrits. De plus, dire que le nom " Jéhovah " est le principal nom dont nous devons nous soucier vient contredire, comme nous l’avons vu, l’importance accordée continuellement au nom de Jésus. Tandis qu’on ne trouve le tétragramme dans aucun manuscrit du Nouveau Testament, le nom de Jésus y figure plus de 900 fois.

Nous devons faire connaître le nom du Père, comme l’a dit Jésus (Matthieu 6:9 ; Jean 17:26). Comment ? En reconnaissant que Jésus Christ a été choisi par le Père pour incarner toute la gloire et la réputation entourant ce nom (Philippiens 2:11), et nous perdrons la vie si nous ne nous identifions pas par le nom de Jésus (Actes 4:12).

Ce qui motive le Collège central, comme cela a toujours été et comme ce sera toujours le cas, c’est de montrer ouvertement qu’ils sont séparés et distincts des églises. Qu’il s’agisse de la croix, des fêtes, du mot " église " ou du nom " Jéhovah ", le principal problème tourne toujours autour de leur état d’esprit sectaire, car quand on les épingle sur l’un de ces sujets et qu’on les réfute point par point, ils admettent que le problème n’est pas vraiment si important, puis ils passent à une autre de leurs doctrines particulières pour prouver qu’ils sont le peuple que Dieu a choisi. Beaucoup de personnes, heureusement, même dans l’organisation, discernent leur malhonnêteté intellectuelle et se rendent compte que la manifestation suprême de Jéhovah est en son Fils Jésus Christ. Même les Pharisiens révéraient grandement le nom de Yahweh, mais ils manquèrent la véritable clé de la vie : le nom de Jésus (Jean 5:37-40).