Des parents Témoins de Jéhovah battent leur fille à mort.

Par Maureen O’Donnell, Ana Mendieta et Annie Sweeney, journalistes au Chicago Sun-Times

     Accusés d’avoir battu à mort leur fille âgée de 12 ans, des parents ont dit à la police qu’ils appliquaient la punition biblique de “ 40 coups moins un à trois reprises ”, ont dit les enquêteurs.

     Selon la police, Constance Slack, infirmière diplômée d’État travaillant dans un hôpital pour enfants, a bâillonné sa fille Laree tandis que celle-ci était attachée à un futon. Son père, Larry Slack, a alors frappé la fillette a plusieurs reprises avec un morceau de câble électrique de 3 cm de diamètre rempli de fils métalliques. Elle est morte suite à une hémorragie interne.

     “ C’était horrible ”, a dit un officier de police pourtant endurci.

     La police indique que les parents étaient irrités du “ manque de coopération ” de leur fille après qu’ils eurent ordonné à leurs enfants, le samedi soir, de retrouver un étui contenant des cartes de crédit. Larry Slack est un fervent partisan des châtiments corporels, et il décida, avec sa femme, de lui administrer une discipline inspirée de la Bible.

     “ C’était sa manière d’enseigner à sa fille le sens des responsabilités ”, a dit Stan Salabura, sergent de police du secteur.

     Selon la police et les voisins, les parents sont tous deux de fervents Témoins de Jéhovah qui ont choisi d’enseigner eux-mêmes à domicile leurs six enfants, âgés de 8 à 17 ans.

     “ C’était quelqu’un de strict. Partout où il apparaissait, les gamins se redressaient et faisaient attention à lui ”, a dit un voisin qui a tenu à garder l’anonymat.

     Mais ces allégations ont choqué ses amis. Le révérend Wayne Lewis Jr., qui assistait à des études bibliques à son domicile, dit que “ c’était quelqu’un de pacifique et de très intelligent. Il était aussi très religieux. La première fois que je l’ai rencontré il a essayé de me convertir, mais je suis ministre du culte baptiste. ”

     La maison des Slack, sur South Brandon, était vide et calme lundi, sans aucune trace de la tragédie. Les deux voitures de la famille étaient garées dehors, devant le 7900. Sur l’escalier menant au 2e étage traînait encore un manuel d’étude des Témoins de Jéhovah, des feuilles agrafées avec des problèmes de maths, un gril, un anneau de basket et un document sur la violence domestique édité par le bureau du juge du Compté de Cook.

     Les Slack formaient une famille tranquille qui n’avait pas beaucoup de relations avec le voisinage et restait cachée derrière la palissade en bois de près de 2 m de haut que Larry avait construite pour remplacer leur ancien grillage.

     Âgé de 42 ans, Larry Slack est employé depuis 23 ans par la société CTA et a la réputation d’être “ un bon ouvrier et quelqu’un qui travaille dur ”. Quant à sa femme Constance, également âgée de 42 ans, elle travaille à l’Hôpital des Enfants La Rabida, a déclaré M. Salabura.

     Tous deux ont été inculpés pour meurtre au premier degré ainsi que pour violences aggravées sur enfant pour avoir battu leur fils de 8 ans, également samedi soir.

     Les cinq autres enfants des Slack présentent tous des traces de coups. Ils ont été pris en charge par l’État et placés chez des parents, selon les autorités. Larry Slack a été soigné à l’Advocate Christ Hospital and Medical Center dimanche soir après une tentative de suicide alors qu’il se constituait prisonnier auprès de la police. Il était sous les verrous au Commissariat Central dès lundi.

     La famille Slack a déclaré lundi vouloir coopérer avec la police.

     “ Nous aimions tant Laree ”, a déclaré Leroy Slack, qui s’est présenté comme l’oncle de Larry et porte-parole de la famille, avant de rajouter : “ Nous sommes très perturbés par les circonstances de sa mort. ”

 

     Pour lire l’original : http://www.suntimes.com/output/news/cst-nws-girl13.html

 

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