Article traduit du numéro de juillet/août 1994 du Free Minds Journal

Les Témoins de Jéhovah et le viol

par Diane Wilson

" Cher Randy.

" Tu trouveras ci-joint l’article sur le " viol " que tu m’as demandé d’écrire. Ce faisant, j’ai fait appel à ma propre expérience. Les mots remontaient comme des flots du plus profond de moi-même, et je l’ai écrit tel qu’il venait. Il m’a paru bizarre, effrayant, embarrassant, etc., d’avoir à soumettre ces sentiments à la critique, mais puisque tu m’as proposé de m’aider dans ce projet, le voici. " [signé] Diane Wilson

J’ai recherché tout ce qu’avait dit la Société Watchtower à propos du " viol ", aussi loin que j’ai pu le faire. Je possède leur Index 1935-1980, sensé être exhaustif, et la plus ancienne référence indiquée date de 1964. Étant donné que ma bibliothèque personnelle ne va que jusqu’en 1969, mon mari s’est rendu à la Salle du Royaume pour me faire des photocopies des articles de 1964 et 1968. (Il est d’ailleurs drôle de constater que le fait de faire des photocopies d’anciennes publications de la Société est toujours suspect, n’est-ce pas ?)

Je soupçonne la Société Watchtower d’avoir fait paraître des articles sur le viol avant 1964, mais c’est une de leurs vieilles habitudes de supprimer certains articles de leurs nouveaux Index prétendument " exhaustifs ". Je les ai surpris à le faire sur d’autres sujets, mais je n’ai aucun moyen de vérifier sur celui-là.

Ce que j’ai découvert

Il est parfois préférable de résister au violeur, mais ce n’est pas toujours le cas. Ce doit être à la femme de prendre sa décision, et non pas à un groupe de vieillards assis en toute sécurité quelque part à New York, et qui n’ont jamais eu à faire face à cette situation.

J’ai pris quelques cours d’autodéfense pour les femmes à l’YMCA. J’ai ainsi appris que la plupart des fois où les femmes se battent lorsqu’elles sont attaquées par surprise, cela ne sert à rien et peut même par la suite éveiller l’hostilité de l’agresseur, à moins que la femme ne sache par avance sur quels endroits les hommes sont les plus vulnérables et ne connaisse les divers coups à porter avec les mains ou les pieds sur ces parties vulnérables. Donc, si elle peut agir rapidement et avec suffisamment de clarté d’esprit afin de porter ses coups avec précision, alors il sera utile de se battre. Cela revient à dire que c’est l’instinct de la femme qui doit la pousser à juger de la situation au moment de l’agression. Elle seule a le droit de prendre cette décision, droit que lui dénie la Société Watchtower. De par cette attitude répressive, la Société, encore et toujours, fait des victimes parmi les victimes.

Les points de vue dogmatiques de la Société sont vraiment blessants. Dans mon cas, ils ont gravement nui à mes relations avec Dieu. Je me disais : " Si Dieu est tel qu’ils le décrivent, alors je ne l’aime pas beaucoup. " C’est triste, parce qu’ils représentent Dieu sous un faux jour et que des gens, à cause de cela, se détournent de lui et se sentent seuls et en colère. Je trouve qu’il est difficile de se remettre de ce genre de blessure émotionnelle.

La Société Watchtower se vante de " faire connaître le nom de Dieu ", mais je pense plutôt qu’elle détourne les gens de Dieu par sa subtile programmation des esprits. Prenons, par exemple, le problème du viol. Quand ils disent que " le viol est de la fornication si la femme ne crie pas " et que celle-ci mérite l’exclusion (c’est-à-dire, selon eux, la destruction éternelle), ils inculquent dans les esprits des Témoins de Jéhovah des idées sur Dieu qui sont extrêmement négatives et offensantes. Ils laissent à penser que Dieu ne comprend pas les craintes et les émotions des femmes, qu’il est injuste et non compatissant, et qu’il semble se fier aux apparences plutôt que de lire ce qu’il y a dans les cœurs des personnes pour connaître leurs véritables mobiles. Même si la Société Watchtower n’a jamais fait de telles déclarations au sujet de Dieu, elle dit implicitement ces choses en déclarant que " le viol est de la fornication si la femme ne crie pas ".

Mes souffrances personnelles en rapport avec ce sujet ne résultent pas de ce que les anciens m’ont dit. En fait, ils ne m’ont jamais dit quoi que ce soit au sujet du viol lui-même ! Elles résultent plutôt d’une sorte de cumul des programmes mentaux de la Société Watchtower au fil des ans. Ce qui me met particulièrement en colère, c’est le mal qu’ils ont causé à beaucoup de femmes à ce propos, ainsi que la manière insensible dont la Société Watchtower parle des sentiments des gens. Lorsqu’ils écrivent des articles sur des sujets aussi chargés d’émotions que le viol, je doute vraiment qu’ils pensent à l’effet que leur point de vue sans cesse changeant à ce propos aura sur les pauvres femmes qui ont fait cette terrible expérience. Ils n’ont aucune excuse pour ce comportement insensible. Remarquez le comportement instable de la Société Watchtower au cours des dernières années :

Ainsi parle le Collège central des Témoins de Jéhovah à ce sujet…

Le viol est-il de la fornication si la femme ne crie pas ?

La réponse de la Société Watchtower a été, selon les époques :

OUI

La Tour de Garde, 1er octobre 1964, p. 607 :

" […] si elle se soumettait aux désirs passionnés de l’homme, non seulement elle se prêterait complaisamment à la fornication ou à l’adultère, mais encore elle se couvrirait de honte. "

Mes commentaires : Le viol n’est pas un acte de passion, mais un acte de violence ! Le Dieu de la Watchtower est-il donc limité au point de ne pouvoir lire dans le cœur de la victime afin de savoir qu’il s’agit d’un viol, et non pas de fornication ?

La Tour de Garde, 1er octobre 1964, p. 608 :

" Une chrétienne a le droit de défendre sa virginité ou sa fidélité conjugale jusqu’à la mort. "

Mes commentaires : La Bible ne dit pas que crier et se battre jusqu’à la mort sont des exigences divines ! Combien de femmes Témoin de Jéhovah sont mortes sans nécessité à cause de cela ?

La Tour de Garde, 1er mars 1970, p. 156 :

" Il s’agit ici d’une question d’intégrité envers les lois de Jéhovah. En aucun cas, vous ne devez vous laisser violer sans résister, car ce serait consentir à un acte de fornication. "

NON (implicite)

Auxiliaire pour une meilleure intelligence de la Bible, (1969 et 1971 en anglais, 1983 et 1987 en français), pp. 1518 et 551, respectivement :

"Le viol est défini comme un acte sexuel illégitime accompli sans le consentement de la femme, par la force, la dureté, l’intimidation […]. "

" FORNICATION. Rapports sexuels par consentement mutuel, par deux personnes qui ne sont pas unies par les liens du mariage. "

Mes commentaires : Selon les propres définitions de la Société, ces deux termes ont des significations opposées. L’un ne peut pas être équivalent à l’autre. La fornication implique un consentement mutuel, et non pas la force l’intimidation, etc. Lorsqu’il y a force ou intimidation, il s’agit d’un viol.

OUI

Réveillez-vous !, 8 juillet 1974, p. 14 :

" […] si elle ne criait pas, elle romprait ses relations avec Jéhovah Dieu et la congrégation chrétienne ; elle serait alors exclue de la congrégation et, pour elle, c’était pire que d’être tuée. "

Mes commentaires : Être violée devient maintenant passible d’exclusion !

Non seulement la femme est victime du violeur, mais elle devient aussi victime de la Société Watchtower. Mais qui donc est le coupable dans ce cas ? La plupart des gens penseraient que c’est le violeur. Mais, à l’évidence, la Société pense que c’est la victime.

NON (implicite)

Réveillez-vous !, 8 octobre 1980, pp. 5, 6 :

" La réaction courante […] À la peur s’ajoutent souvent la perplexité et la confusion mentale. C’est ce qu’atteste le témoignage d’une jeune fille de 19 ans : ‘ Je ne me suis pas défendue, en partie parce que j’avais peur, mais surtout parce que, dans ma naïveté, je croyais qu’une jeune fille doit faire ce qu’on lui dit. […] Je n’arrivais pas à rassembler mes idées, incapable que j’étais de me défendre devant une attaque aussi soudaine. ’ Cette jeune fille a réagi comme beaucoup d’autres l’ont fait dans les mêmes circonstances. […] Face à la menace, les femmes sont saisies de terreur et deviennent sans défense. […] Le viol est le crime qui connaît l’accroissement le plus rapide aux États-Unis. "

Mes commentaires : Par cet article, intitulé " Un danger grandissant : le viol ", la Société Watchtower tenta d’adoucir son attitude. Elle décrit le viol comme une cause de terreur et la femme est décrite comme une victime, ce qui ne correspond certainement pas à sa définition de la " fornication ". L’article reflète une certaine compassion, relatant l’expérience d’une victime de viol et reconnaissant que certaines femmes peuvent être confuses et incapables de se battre à cause de la profonde terreur qu’elles ressentent. Il est toujours parlé de " viol " dans ce cas, et cet article reconnaît le viol pour le crime violent qu’il est, et non comme de la fornication.

Peut-être certaines femmes Témoin de Jéhovah qui ont été violées ont-elles pu ressentir quelque soulagement à l’idée que Dieu, tel que le représente cette organisation, peut après tout comprendre les émotions d’une femme.

OUI

La Tour de Garde, 15 janvier 1981, p. 7 :

" […] Elle lui dit que s’il la touchait, elle crierait comme il n’avait jamais entendu crier, puis elle lui expliqua que si elle n’agissait pas ainsi, elle ruinerait ses relations avec Jéhovah Dieu et avec la congrégation chrétienne "

" Une chrétienne est tenue de résister, car c’est une question d’obéissance à la loi divine qui nous ordonne de ‘ fuir la fornication ’. "

Mes commentaires : Le soulagement qu’une femme aurait pu ressentir en lisant l’article plein de compassion mentionné juste avant celui-ci s’évanouit rapidement. À peine trois mois plus tard, la Société Watchtower réaffirme son ancienne position sur le viol ! Si une femme est violée sans avoir crié, elle est de nouveau passible d’exclusion.

On peut se demander pourquoi le fait d’être attaquée par un violeur pourrait ruiner les relations entre une femme et Dieu. Ce dernier ne comprend-il pas sa frayeur, sa désorientation, sa confusion ? Ne sait-il pas qu’elle est innocente ? Ne peut-il pas lire dans son cœur ?

La Société dit qu’être violée sans avoir crié revient à avoir commis la fornication, chose pour laquelle la femme mérite l’exclusion (ce qui, selon les croyances de la Société Watchtower, équivaut à être condamné à la mort éternelle, sans aucun espoir de résurrection). On pourrait se demander : " Depuis quand la fornication est-elle un péché impardonnable ? " En d’autres occasions, la Société reconnaît que des péchés comme la fornication peuvent être pardonnés si l’on se repent. Dans ce cas, pourquoi le fait d’être violée serait-il pire que de commettre délibérément la fornication ? Pourquoi cela serait-il puni de la mort éternelle ? Depuis quand subir un viol est-il un péché impardonnable ? En disant cela, la Société Watchtower enseigne-t-elle aux gens que Dieu est amour et justice ? Son point de vue honore-t-il Dieu ?

NON

La Tour de Garde, 15 juin 1983, pp. 30, 31 :

" Qu’entendons-nous donc par ‘ fornication ’ ? Dans le texte biblique que nous venons de citer, ce mot traduit le grec pornéïa. "

" Un homme ou une femme violé de force n’est pas coupable de pornéïa. "

Mes commentaires : Dans une note en bas de page, la Société Watchtower déclare sans équivoque que quelqu’un qui est violé de force n’est pas coupable de fornication. Il est possible que, une fois encore, les femmes Témoin de Jéhovah qui ont subi un viol puissent respirer de soulagement… Elles sont acquittées !

OUI

Réveillez-vous !, 8 mai 1984, p. 24 :

" [Le violeur] veut la forcer à enfreindre la loi de Dieu en commettant la fornication. "

" Traitez-le avec respect […] La femme qui fait l’objet d’une tentative de viol devrait se rappeler que son agresseur est un être humain. […] C’est pourquoi si une femme ne doit pas se laisser intimider, elle doit néanmoins faire preuve de compréhension. "

Mes commentaires : Pas même un an plus tard, les femmes acquittées sont de nouveau coupables de fornication !

Commentaires supplémentaires : Remuant le couteau dans la plaie, la Société Watchtower demande que la victime traite son agresseur avec respect (!) et fasse preuve de compréhension ! Voilà qui éclate à la figure des femmes dont la réaction naturelle serait de se défendre, et qui est en contradiction directe avec les instructions contenues dans Réveillez-vous ! du 8 octobre 1980, p. 12 : " Peut-elle infliger quelque dommage que ce soit à l’adversaire ? Certainement, […] la victime peut employer tous les moyens à sa disposition. "

On ne peut que se demander jusqu’à quel point un membre du Collège central se montrerait respectueux et ferait preuve de compréhension s’il se faisait violer par un homme !

Réveillez-vous !, 8 mai 1984, p. 24 :

" Mais si je lui cédais, je mourrais finalement, sans l’espoir de ressusciter. "

Mes commentaires : Maintenant, le fait d’être violée est un crime tellement offensant pour Dieu que la victime mérite la mort éternelle, sans aucun espoir de résurrection ! En effet, la Société Watchtower dit que subir un viol sans avoir crié constitue un péché impardonnable.

NON

Réveillez-vous !, 8 septembre 1984, p. 28 :

" Pour que la victime soit considérée comme coupable de fornication, il faudrait prouver qu’elle était consentante. "

Mes commentaires : Quatre mois plus tard, la Société Watchtower retourne encore une fois casaque : les victimes des violeurs sont de nouveau disculpées.

OUI (implicite)

Réveillez-vous !, 22 mai 1986, p. 23 :

" Vous aurez la conscience nette. (Même si vous êtes violée, vous n’aurez pas sacrifié votre dignité et votre pureté aux yeux de Dieu.) "

Mes commentaires : Cette affirmation fait partie d’une liste de points indiquant pourquoi il faut résister à l’agresseur dès le début : en criant et en résistant, vous garantirez votre pureté devant Dieu. La Société insinue ainsi que si une femme ne crie ni ne résiste, elle ne sera pas pure devant Dieu et se rendra donc coupable de fornication.

NON (réponse ambiguë)

Quatre mois plus tard, la Société déclara assez mollement (et sous la pression de lecteurs) :

Réveillez-vous !, 8 octobre 1986, p. 28 :

" Il est vrai qu’elle [la femme] doit déterminer à quel point sa vie est en danger et agir en conséquence. "

Mes commentaires : N’est-il plus nécessaire de mourir pour conserver sa pureté devant Dieu ? Doit-on penser que Dieu a changé d’avis là-dessus ? Ils essaient de s’en sortir en déclarant : " Nous pensons que c’est ce qui ressort des conseils donnés dans l’encadré de la page 23 ([Réveillez-vous ! du] 22 mai 1986). " Mais il n’en est rien ! Sinon cette lectrice (ou ce lecteur) n’aurait pas écrit à la Société Watchtower pour se plaindre de ses conseils !

NON

Réveillez-vous !, 8 mars 1993, p. 5 :

Idée reçue : La victime d’un viol porte une part de responsabilité si elle ne fait rien pour résister. "

Fait : On définit le viol comme l’action d’avoir des relations sexuelles, quelle qu’en soit la nature, commise par usage de la force ou sous la menace, contre la volonté de la victime. "

" Par conséquent, la personne violée n’est pas coupable de fornication. "

" Ce n’est pas parce qu’une femme est obligée de se soumettre à un violeur sous l’effet de la terreur ou de l’affolement qu’elle consent à l’acte. Le consentement repose sur la possibilité de choisir en dehors de toute menace ; il est actif, et non passif. "

Mes commentaires : Voilà que la Société Watchtower se met à se parer d’une auréole en considérant le viol de façon raisonnable. Ce qu’elle présentait autrefois comme une " vérité " absolue devient une " idée reçue " (un " mythe " selon l’édition anglaise de Réveillez-vous ! — N.d.T.).

Il n’est nulle part mentionné que ce point de vue est différent de celui qu’elle propageait auparavant. Au cours des années précédentes elle avait enseigné exactement le contraire et exigé que les femmes lui obéissent, même s’il leur fallait perdre la vie. (La Tour de Garde, 1er mars 1970, p. 156 ; Réveillez-vous !, 8 juillet 1974, p. 14).

La Société Watchtower n’accepte d’endosser aucune responsabilité pour la mort probable de nombreuses femmes Témoin de Jéhovah à cause de sa prise de position. Elle ne présente non plus aucune excuse pour la culpabilité qu’elle a fait porter à ces malheureuses femmes.

On pourrait se demander : Combien de femmes se sont totalement détournées de Dieu à cause de la position de la Société (selon laquelle un viol est de la fornication si la femme n’a pas ou n’a pu crier) et du profond désespoir qui en a résulté ? Combien d’entre elles se sont détournées d’un Dieu à ce point dépourvu de compassion ? Combien de ces femmes se sont peut-être suicidées ou se sont tournées vers une vie de débauche parce qu’elles se sentaient rejetées par Dieu et en ont fait de la dépression ?

Réveillez-vous ! du 8 mars 1993, p. 7, présente un encadré intitulé " Profil d’un violeur type ", que l’on pourrait appeler de façon plus appropriée " Profil d’un violeur spirituel ". Il est intéressant de noter que sept des douze points caractéristiques du violeur type potentiel s’appliquent à la Société Watchtower :

" Vous tyrannise psychologiquement en vous insultant, en ne tenant aucun compte de votre opinion, en se fâchant ou en se montrant contrarié quand vous faites une suggestion. "

" Essaie de régir certains domaines de votre vie, tels que votre habillement ou le choix de vos amis. "

" Se montre jaloux. "

" Rabaisse les femmes en général. "

" Vous intimide […] "

" Se met en colère à la moindre contrariété. "

" Ne vous considère pas comme une égale. "

En conclusion

Il peut parfois être préférable de se battre contre un violeur, et parfois non. C’est à la femme de prendre sa décision selon ce qu’elle ressent instinctivement au moment de l’agression. Mais la Société Watchtower refuse à la femme le droit de décider. De par son attitude pénalisante, elle rend les victimes encore plus victimes.

Son point de vue dogmatique sur le viol a gravement affecté mes relations avec Dieu. Je me disais : " Si Dieu est tel que la Société Watchtower le représente pour ce qui est de ce sujet, alors je ne l’aime pas beaucoup ! " Et encore ceci ne reflète-t-il pas vraiment ma pensée, car, au fond de moi-même, elle m’avait fait réellement haïr Dieu d’être si injuste et de se fier à des apparences si trompeuses au lieu de lire dans le cœur des personnes pour connaître leurs véritables mobiles. Je trouve qu’il est très difficile de surmonter émotionnellement les dégâts qu’elle a provoqués en moi à ce sujet.

Daniel Silverman, directeur en chef du programme d’aide aux victimes de viol à l’hôpital Beth Israel de Boston, a dit : " Rien n’arrêtera certains violeurs, et aucune femme ne devrait se sentir coupable si elle ne réussit pas à échapper au viol. […] Ce qu’elle peut faire de mieux est tout simplement de survivre. "

Si la Société Watchtower continue à se répéter dans l’avenir, les femmes vont continuer à se sentir comme des balles de ping-pong ballottées entre les affirmations contradictoires des Témoins de Jéhovah.

Supplément du traducteur :

À toutes les filles et les femmes victimes des violeurs et de la Société Watch Tower sont dédiées ces paroles extraites de la Passion selon Saint Matthieu de Jean-Sébastien Bach (aria Erbame dich) :

Erbame dich, mein Gott,
um meiner Zähren willen ;
schaue hier, Herz und Auge
weint vor dir bitterlich.

Traduction (Pierre Odinot) :

Aie pitié de mes larmes,
Mon Dieu ;
Regarde mon cœur et mes yeux
Qui pleurent amèrement devant toi.